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DOCUMENT BFMTV. Le "fils adoptif" des gérants du bar à Crans-Montana les "soutient entièrement" et les décrit comme "travailleurs et humains"

BFM Maxime Brandstaetter et Valentine Ribes, avec Matthieu Heyman
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Près de deux semaines après le drame, le "fils adoptif" de Jacques et Jessica Moretti regrette que ces derniers, les gérants du bar Le Constellation à Crans-Montana en Suisse, soient "complètement déshumanisés".

Il a "un lien très proche" avec Jacques et Jessica Moretti, les gérants du bar Le Constellation, à Crans-Montana en Suisse, où 40 personnes ont péri dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Jean-Marc, considéré comme le "fils adoptif" du gérant", revient auprès de BFMTV sur le drame qui a touché l'établissement et sa relation avec le couple Moretti.

Il décrit ces derniers comme "des gens passionnés, travailleurs et présents dans leurs affaires et humains avant tout". "Ce sont des gens que j'estime énormément, de par le passé que nous avons en commun ensemble", raconte-t-il, ému. L'homme de 33 ans reconnaît qu'"il n'est pas évident de parler d'eux", en raison de "la peine de toutes (l)es familles" touchées par le drame.

Il explique sur notre antenne "avoir des nouvelles" de Jacques et Jessica Moretti. "Ils vont pas bien. Je les soutiens entièrement dans le moment qu'ils vivent, j'ai aussi une énorme pensée aux familles des gens qui ont perdu leur enfant, aux gens qui sont dans les hôpitaux", témoigne Jean-Marc.

Les gérants sont "complètement déshumanisés"

Il explique que, lors du drame, Jessica Moretti a été "la première à appeler les pompiers". "Elle était tétanisée, c'est une femme qui a des enfants aussi. Ça se passe tellement vite que dans l'effet de panique vous n'arrivez pas à comprendre ce qui se passe", poursuit le trentenaire. De son côté, "monsieur Moretti est venu" et "a sorti des gens de l'établissement", selon son "fils adoptif.

"Aujourd'hui, ils ont les mêmes images que moi et beaucoup de personnes avec des questions bien sûr. On les déshumanise complètement depuis le début de la catastrophe", observe Jean-Marc pour qui les gérants du bar sont "des humains qui ont de la peine et du respect pour les victimes".

Le trentenaire témoigne aussi des conditions de sécurité de l'établissement. "Il y avait une issue de secours à l'intérieur de l'établissement. Une issue de secours ne peut pas être fermée, elle était bien ouverte", explique Jean-Marc, qui précise aussi que des extincteurs se trouvaient bien dans le bar.

"On a essayé de faire le maximum, on a sorti quelques personnes"

Lors du drame, Jean-Marc se trouvait sur la terrasse à l'entrée du Constellation. Il raconte avoir vu "un mouvement de foule de l'intérieur vers la véranda". "Madame Moretti est venue me trouver en me disant 'il y a le feu'. Tous les gens étaient les uns sur les autres. Elle était pas loin de moi, elle m'a dit 'j'appelle les pompiers'", se souvient l'homme de 33 ans.

Après avoir "ouvert une partie d'une vitre de la véranda" par laquelle au moins une femme est sortie, Jean-Marc témoigne du "chaos", avec "des gens couchés à l'intérieur". "En rampant, on a sorti quelques personnes qui étaient inconscientes par terre", se souvient le trentenaire. Près de deux semaines après le drame, Jean-Marc "ressasse des images".

"Vous l'avez vécu c'est comme ça. On a essayé de faire le maximum, on a sorti quelques personnes", se souvient-il.

Ce lundi, la justice a ordonné le placement de Jacques Moretti en détention provisoire. Celle-ci pourra être levée "moyennant diverses mesures demandées dont notamment le versement de sûretés", précise le tribunal des mesures de contrainte du canton du Valais. "Il s’agit d’une décision favorable pour mon client. Celle-ci est cohérente et juridiquement fondée et devrait permettre la mise en liberté de mon client d’ici quelques jours", s'est félicité son avocat, Me Patrick Michod, sur BFMTV. Comme sa compagne, Jacques Moretti est visé par une instruction pénale pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence".

L'incendie du bar Le Constellation a fait au moins 40 morts et 116 blessés. Parmi ces derniers, 83 sont toujours hospitalisés en Suisse, mais aussi dans des services pour grands brûlés dans d'autres pays européens.