Message de jeunes rescapés, cloches suisses à l'unisson... Les temps forts de la cérémonie d'hommage aux victimes de l'incendie de Crans-Montana

Huit jours après le terrible incendie à Crans-Montana, ayant causé la mort de 40 personnes et blessé 116 autres, la Suisse a rendu un vibrant hommage aux victimes à travers une cérémonie.
Organisée à Martigny, dans le canton du Valais, 1.000 personnes y ont été invitées. Étaient présentes notamment des familles et proches de victimes, des secours qui sont intervenus lors de l'incendie et qui ont été copieusement applaudis, les autorités suisses, mais également des dirigeants étrangers, comme Emmanuel Macron.
La cérémonie a été retransmise dans plusieurs écoles et villes du pays, notamment à Crans-Montana, et sur de nombreuses chaînes suisses et européennes.
Le journaliste suisse Benoît Aymon a été le fil rouge de cette cérémonie. C'est donc lui qui a pris la parole en premier. "Comment trouver les mots, les mots justes pour dire l'indicible?", demande-t-il. Face à ce "traumatisme collectif", il met en avant la "solidarité" ayant émergé, "avec les victimes bien sûr et leurs familles", mais aussi avec les secouristes, les policiers, les habitants de Crans-Montana et "le monde entier".

• L'émouvant message de trois jeunes rescapés
Trois jeunes, Solal, Aline et Marie, qui étaient sur place lors de l'incendie au bar Le Constellation, ont lu avec émotion un texte "pour rendre hommage aux victimes".
"Cette soirée qui devait marquer le début d'un nouveau départ, de nouvelles promesses, a sombré dans l'horreur. Très vite, tout s'est figé [...]. Ce que nous avons vu ce soir-là, nous ne pourrons l'oublier, mais nous pouvons le transformer en force. Alors aujourd'hui, nous rendons hommage, à vous qui êtes partis trop tôt", a dit Marie.
Solal, franco-suisse, a déclaré, que "quels que soient notre nationalité, ou notre âge, nous nous sentons collectivement touchés et solidaires de toutes les victimes et de leurs proches". Il a remercié "la police, les pompiers" et "tous ceux qui ont apporté leur aide", ainsi que les soignants.
Aline, très émue, a souhaité envoyer un message à la jeunesse. "Nous sommes une génération qui grandit dans un monde fragile, parfois dur, souvent injuste. Pourtant, malgré les doutes, malgré la peur, notre génération continue d'avancer [...]. Oui, il reste encore tellement à faire, tellement de choses à réparer", mais "n'oubliez jamais pourquoi vous vous battez, pour qui vous vous battez. Chaque effort compte, même ceux que personne ne voit".
"Tant que le soleil brille, profitez de chaque instant, aussi fragile soit-il. On ne peut pas ajouter des jours à la vie, mais on peut ajouter de la vie aux jours", assure-t-elle.
• Des intermèdes musicaux
La cérémonie a été rythmée par plusieurs intermèdes musicaux, au piano, mais aussi au violoncelle, avec des reprises de Gustav Mahler, Gabriel Fauré ou encore Jean-Sébastien Bach.

Lors de ces moments riches en émotion, les photos des 40 personnes mortes, dont 20 étaient mineures, ont été diffusées sur un écran. Des visages juvéniles pour la plupart.
• Une minute de silence, les cloches sonnent à l'unisson
À 14 heures, les cloches des Églises du pays ont sonné à travers toute la Suisse pendant plusieurs minutes.
Une minute de silence a également été observée, aussi bien à Martigny, à la cérémonie, mais également partout en Suisse. Les autorités avaient appelé l'ensemble de la population à observer cette minute de recueillement.
• Des roses blanches déposées sur le mémorial
Les participants ont été invités à déposer une rose blanche sur un mémorial. Ce moment de recueillement s'est fait en musique, avec le musicien Loris Mittaz au piano.

• L'émotion des autorités
Les autorités locales, très éprouvées par cette tragédie, ont également livré un discours poignant. C'est le cas notamment de Mathias Reynard, président du Conseil d'État du Valais.

"1er janvier 2026, ce jour, nous ne l'oublierons jamais. Un moment de fête, d'amitié, se transforme en cauchemar [...]. À Crans-Montana, 156 destins ont basculé aux premières heures de l'an nouveau", a-t-il dit.
"Aucune parole ne pourra jamais réparer l'irréparable", mais "le silence, lui, ne suffirait pas [...] nous sommes avec vous", déclare-t-il, très ému, aux familles et proches des victimes.
• Un appel à "sanctionner" les "manquements" liés au drame
Le président de la Confédération suisse Guy Parmelin a appelé les autorités judiciaires à mettre "les manquements au grand jour et à les sanctionner".
"Notre pays est consterné face à cette tragédie. Il s'incline devant la mémoire de celles et de ceux qui ne sont plus, il est au chevet de celles et de ceux qui s'apprêtent à entamer un long chemin de reconstruction", a-t-il déclaré.
Il a ajouté que l'espérance reposera désormais "sur la capacité de notre ordre judiciaire à mettre, sans retard ni complaisance, les manquements au grand jour et à les sanctionner. C'est une responsabilité morale en plus d'être un devoir d'État".











