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Marine Le Pen estime que Sébastien Lecornu "instrumentalise" le budget de la défense pour faire adopter le budget

BFM A.B avec AFP
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La cheffe de file des députés RN Marine Le Pen accuse le Premier ministre Sébastien Lecornu "d'instrumentaliser" le budget de la défense afin de faire adopter le budget de l'État 2026.

Marine Le Pen, patronne des députés RN, a accusé ce mercredi 10 décembre le Premier ministre Sébastien Lecornu d'"instrumentaliser" la défense et le besoin d'investissement pour les armées, pour essayer d'amener les députés à adopter le budget de l'État pour 2026.

Elle répondait au Premier ministre à l'Assemblée nationale sur les besoins de la défense, lors d'un débat parallèle aux discussions budgétaires, et avant un vote symbolique sur cette question.

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"Ce débat et ce vote sont pour vous l'occasion d'instrumentaliser le budget de la défense pour faire passer votre loi de finances", a-t-elle dénoncé, approuvant le principe d'une hausse des crédits militaires, mais fustigeant un budget de l'État "de punition sociale et fiscale".

Des "menaces" extérieures

"L'instabilité politique nous bouleverse au sein de cet hémicycle mais elle ne doit pas nous couper des réalités du monde", a fait valoir, pour sa part, le Premier ministre.

Il a fait état des "menaces" extérieures et en demandant aux parlementaires d'"approuver" par leur vote le "principe" d'une augmentation du budget de la défense. Pour tenter de dégager une majorité sur le budget de l'État, Sébastien Lecornu a proposé d'organiser au Parlement plusieurs débats, suivis d'un vote, sur des thèmes spécifiques dont celui de la défense. Le projet de loi de finances prévoit d'augmenter les crédits aux Armées de 6,7 milliards d'euros.

Cette démarche inédite se fait en marge de l'examen du budget, actuellement débattu au Sénat. Le vote n'engage pas la responsabilité du gouvernement. Les autres thèmes qui seront au coeur des débats sont la "sécurité intérieure et extérieure", "l'agriculture" dont l'accord avec les pays du Mercosur et "l'énergie". Un autre débat portera sur la réforme de l'État et la lutte contre les déficits.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a reconnu ce mercredi que les discussions parlementaires se poursuivraient "probablement en janvier" si "un accord est impossible" entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire (CMP) la semaine prochaine.

Une "loi spéciale"?

Certes, l'objectif de doter la France d'un budget de l'État "d'ici au 31 décembre" demeure, selon le gouvernement, mais "la balle est dans le camp du Parlement", et particulièrement "de la droite sénatoriale", qui a "une part des clés" pour aboutir à un compromis notamment avec la gauche afin que l'accord puisse être validé ensuite par les deux chambres.

En cas d'échec de la CMP, le Parlement devra, comme l'année dernière, adopter d'ici fin décembre une "loi spéciale" pour autoriser le gouvernement à percevoir les impôts existants et reconduire les dépenses votées en 2025.