Groenland: Emmanuel Macron estime que les "menaces tarifaires" de Donald Trump "sont inacceptables"

Le président Emmanuel Macron a estimé, ce samedi 17 janvier, que les menaces d'application de droits de douane de Donald Trump, après le soutien de la France au Groenland, sont "inacceptables".
Plus tôt dans la journée, Donald Trump a menacé huit pays, dont la France, de droits de douane de 10% à partir du 1er février (puis de 25% au 1er juin), pour avoir défendu la souveraineté du Groenland, territoire convoité par les États-Unis.
"Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland dans un but inconnu [...] Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, évoquant l'envoi de militaires européens au Groenland.
"Aucune menace ne saurait nous influencer"
Emmanuel Macron a précisé que "la France est attachée à la souveraineté et à l’indépendance des Nations, en Europe comme ailleurs. Cela préside à nos choix. Cela fonde notre attachement aux Nations unies et à notre Charte" et qu'"aucune intimination ni menace ne saurait nous influencer".
À propos de ces droits de douane, il a écrit que "les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées". "Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne", a-t-il ajouté, précisant qu'il allait s'entretenir avec les partenaires européens de la France.
L'UE dénonce "une spirale dangereuse"
L'Union européenne a mis en garde samedi contre "une spirale dangereuse" après la menace brandie par Donald Trump. "Des droits de douane affaibliraient les relations transatlantiques et représenteraient un risque de spirale dangereuse vers le bas", ont écrit, dans un communiqué commun, le président du Conseil européen Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
"L'Europe restera unie, coordonnée et déterminée à défendre sa souveraineté", ont-ils ajouté. Une réunion extraordinaire des ambassadeurs des 27 pays de l'UE à Bruxelles aura lieu dimanche après-midi.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a quant à lui jugé "totalement erronées" les menaces du président américain. "Appliquer des droits de douane à des alliés au nom de la sécurité collective des alliés au sein de l'Otan est totalement erroné. Nous allons bien sûr aborder ce sujet directement avec l'administration américaine", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le Danemark a, lui, fait part de sa "surprise" à l'annonce de Donald Trump, tandis que le Premier ministre suédois a assuré que son pays "ne se laissera pas intimider".
L'obsession de Donald Trump pour le Groenland
Depuis son retour à la Maison-Blanche, en janvier 2025, Donald Trump a évoqué à de nombreuses reprises son souhait de s'emparer du Groenland, pour des "raisons de sécurité". Depuis quelques semaines, il en a même fait l'un de ses combats principaux et a assuré qu'il l'aurait "d'une manière ou d'une autre".
Face à ce risque, la France et sept autres pays ont envoyé des militaires pour assurer une mission de reconnaissance et des exercices au Groenland, suscitant la colère du président américain.
La population du Groenland, territoire autonome danois, est vivement opposée à son acquisition par les États-Unis. Des milliers de manifestants se sont d'ailleurs réunis dans les capitales du Groenland et du Danemark ce samedi pour montrer leur refus.













