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Militaires français au Groenland: la numéro deux du ministère des Armées estime que "c'est l'effet produit qui compte plutôt que le nombre"

BFM Alixan Lavorel
Un soldat français de l'infanterie de montagne court dans la neige lors d'un exercice d'attaque simulée près de Rena, en Norvège, pendant l'exercice Brilliant Jump 2022.

Un soldat français de l'infanterie de montagne court dans la neige lors d'un exercice d'attaque simulée près de Rena, en Norvège, pendant l'exercice Brilliant Jump 2022. - SHAH MARAI / AFP

Avec une quinzaine de soldats déployés au Groenland, la taille du dispositif français a suscité des commentaires, notamment face à une menace américaine grandissante. Le ministère des Armées explique ce vendredi 16 janvier que ce déploiement n'a pas vocation "à faire peur" mais "à défendre nos intérêts".

"C'est l'effet produit qui compte dans un exercice plutôt que le nombre". Sur franceinfo ce vendredi 16 janvier, Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, est revenue sur le déploiement d'une quinzaine de chasseurs alpins français au Groenland alors que l'île fait face à des pressions tous azimuts notamment de la part de Washington et de Donald Trump qui a fait part à plusieurs reprises de sa volonté de prendre possession de l'immense territoire danois.

Si le contingent français, accompagné de 13 soldats de la Bundeswehr allemande et de quelques militaires norvégiens, suédois et britannique, n'a pour l'heure pas de quoi stopper la Maison Blanche dans ses intentions, la numéro deux du ministère des Armées assure qu'il y a une volonté de "donner un signal de détermination".

"On ne cherche pas à faire peur, on cherche à défendre nos intérêts (...). Quand on monte un exercice comme celui-là, on n'annonce pas au fil de l'eau. Il y a d'abord des demandes danoises, ensuite on se coordonne", explique-t-elle.

"Vous avez une situation, où un pays européen, le Danemark, fait appel à ses alliés pour dire 'je dois défendre la souveraineté face à une montée des tensions, des rivalités de puissance dans la région arctique et au Groenland' et qui appelle à contribution ses alliés. On répond", ajoute la ministre.

Des centaines de soldats bientôt envoyés par Paris?

À terme, la mission française dans le grand nord aura-t-elle vocation à passer à plusieurs centaines de soldats déployés? "Ça dépendra des besoins", répond Alice Rufo qui laisse toutefois la porte ouverte à un déploiement plus massif des armées tricolores.

"Quand vous faites un exercice vous pouvez aller jusqu'à plusieurs centaines [de troupes], (...) c'était le cas l'année dernière, il y a eu un exercice qui a été organisé à la demande du Danemark", ajoute-t-elle.

D'autant qu'Emmanuel Macron a lui-même annoncé ce jeudi lors de ses vœux aux armées que la France allait envoyer d'autres "moyens terrestres, aériens et maritimes" dans les "prochains jours".

Si l'objectif de cet exercice est d'"envoyer un signal stratégique" aux puissances lorgnant sur l'immense territoire autonome danois, situé entre l'Atlantique Nord et l'océan Arctique, il a également comme conséquence de rassurer la population locale.

"C'est apprécié le fait qu'on a des soldats qui viennent montrer leur soutien", avance ce vendredi Anne-Sophie, une Française installée à Nuuk la capitale du Groenland, sur BFMTV. Le jour précédent, la mère de famille a capturé les premières images des chasseurs alpins français dans les rues de la ville.

Territoire d'habitude si discret, le Groenland a été plus que jamais propulsé au cœur de l'actualité depuis les ambitions de conquête affichées de Donald Trump ces derniers mois. "On en a vraiment marre de ne pas être entendu par Monsieur Trump qui refuse de comprendre que non, ce n'est pas une terre à annexer. On n'a pas peur, on n'est pas surpris, on n'est pas choqués, on en a juste vraiment marre", confie la Française au micro de BFMTV.

Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a encore assuré devant la presse ce jeudi que la "priorité" de Donald Trump est d'"acquérir le Groenland".