Incendie de Crans-Montana: un avocat de familles de victimes estime "tardif" le placement en détention du gérant du bar suisse

Pour les victimes de l'incendie de Crans-Montana, "c'est une lutte quotidienne qui va durer des années", a décrit sur BFMTV Me Sébastien Fanti, avocat de familles de victimes, ce samedi 10 janvier.
Un hommage national s'est tenu vendredi en Suisse, après le drame qui a fait 40 morts, et plus de 110 blessés. Le même jour, le couple de Français propriétaires du bar Le Constellation, où s'est déroulé le drame, a été auditionné par le ministère public suisse. À l'issue des auditions, le gérant, Jacques Moretti, a été placé en détention en raison d'un "risque de fuite concret", tandis que sa femme Jessica Moretti reste libre.
"Beaucoup de victimes ont dit: 'enfin'"
"Cette procédure est urticante pour les victimes. On leur fait subir plus que ce qui est nécessaire. On les fait attendre avant de prendre une décision pour un placement en détention", a réagi Me Sébastien Fanti, dénonçant un placement en détention "tardif".
"Il y a beaucoup de victimes qui ont dit: 'enfin'. Mais cette satisfaction, je dois immédiatement la juguler car il n'est pas certain que ce (samedi) soir, il n'y ait pas de libération", a-t-il souligné.
Jacques Moretti et Jessica Moretti doivent être présentés à un tribunal des mesures de contraintes sous les 48 heures. Celui-ci devra se prononcer sur la requête de mise en détention et sur d'éventuelles mesures de substitution, comme le port d'un bracelet électronique.
"Psychologiquement, j'ai préparé toutes mes victimes à sa libération (...) Cette hypothèse n'est pas que théorique", a encore expliqué l'avocat. "En cas de libération, nous aurons un problème institutionnel important", a ajouté le conseil.
Des normes de sécurité qui interrogent
D'après les premiers éléments de l'enquête, le drame aurait été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec le plafond du sous-sol du bar. L'"embrasement généralisé" et soudain du local aurait ensuite piégé les clients, principalement des adolescents et de jeunes adultes.
L'enquête doit se pencher sur la conformité des travaux réalisés par les propriétaires en 2015, les matériaux utilisés, les voies de secours, les moyens d'extinction ainsi que sur le respect des normes en matière d'incendie, notamment la pose de la mousse sur le plafond qui semble s'être très rapidement embrasée.
D'autant que la commune de Crans-Montana a reconnu qu'aucune inspection sécurité et incendie du bar n'avait été effectuée depuis 2019. "Il n'y aura pas que deux accusés sur le banc (...), il y aura d'autres personnes mises en prévention", a assuré l'avocat, qui s'interroge: "pourquoi pendant ces années il n'y a pas eu de contrôles?"












