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Une nouvelle vidéo montre une altercation entre Alex Pretti et des agents fédéraux onze jours avant sa mort à Minneapolis

BFM François Blanchard
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L'infirmier, tué par balles par la police aux frontières samedi dernier, avait été filmé quelques jours plus tôt en pleine altercation avec des agents fédéraux.

Onze jours avant d'être abattu par des agents de la police aux frontières, Alex Pretti avait déjà eu une violente interaction avec des agents fédéraux à Minneaopolis. C'est ce que confirment de nouvelles images diffusées par le média The News Movement et relayées par le New York Times.

La scène se déroule le 13 janvier, dans le quartier de Powderhorn, au sud de la ville de Minneapolis où de nombreux manifestants dénoncent les opérations violentes de la police de l'immigration (ICE). La grande ville du Minnesota est alors déjà sous haute tension en raison de la mort, quelques jours auparavant, de Renee Nicole Good, une mère de famille tuée au volant de sa voiture par un agent de l'ICE.

Insultes et crachat

Sur les images de The News Movement, on peut voir Alex Pretti hurler sur des agents fédéraux de l'immigration positionnés à un carrefour. L'infirmier de 37 ans les insulte et crache sur l'un d'entre eux, selon le New York Times. Alors que les policiers remontent dans leur véhicule et s'apprêtent à repartir, il donne deux coups de pied qui brisent le feu arrière droit du SUV. L'un des agents en descend aussitôt pour empoigner Alex Pretti et l'amener au sol.

Alex Pretti est ensuite maintenu à terre par plusieurs agents pendant une vingtaine de secondes avant d'être relâché. Selon CNN, une de ses côtes a été brisée dans l'altercation.

Les proches de l'infirmier ont confirmé l'incident. "Une semaine avant qu'Alex ne soit abattu en pleine rue — alors qu'il ne représentait aucune menace —, il avait été violemment agressé" par des agents fédéraux, a réagi Steve Schleicher, l'avocat de sa famille, dans un communiqué. "Rien de ce qui s'est passé une semaine auparavant ne pouvait justifier le meurtre d'Alex", a-t-il ajouté.

Port légal d'arme à feu

Alex Pretti est mort samedi tué par des tirs de la police des frontières américaine (CBP), qui intervient en soutien des opérations de l'ICE. Deux agents fédéraux ont ouvert le feu, le blessant mortellement, a indiqué ce mercredi un rapport du ministère de la Sécurité intérieure remis. Ces deux mêmes agents ont ensuite été suspendus, d'après le New York Times.

Alex Pretti portait de manière légale un pistolet sur lui, ce dont certains responsables de l'administration américaine se sont servis pour défendre l'action des forces de l'ordre. "Vous ne devriez pas vous pointer avec des armes" à une manifestation, a soutenu dimanche sur Fox News la ministre de la Sécurité nationale Kristi Noem, qui avait accusé Alex Pretti de "terrorisme".

Le ministre avait aussi accusé, sans preuve, l'infirmier de 37 ans de vouloir "faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l'ordre". Mais le rapport des autorités indique qu'Alex Pretti n'a, à aucun moment, brandi son arme.

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Une analyse du New York Times, basée sur les multiples images vidéo de la scène, a révélé que les policiers avaient tiré dix coups de feu, dont six alors qu'Alex Pretti était allongé, immobile, au sol. Ces vidéos témoignent aussi que l'infirmier avait été désarmé avant d'être abattu.

Travaillant à l'hôpital des anciens combattants de Minneapolis, Alex Pretti avait commencé à participer à des manifestations contre la police de l'immigration après la mort de Renee Good le 7 janvier, a indiqué sa famille à l'agence AP.

Selon ses parents, Alex Pretti s'était interposé pour protéger une manifestante bousculée par un agent fédéral avant d'être tué.