Bruce Springsteen fustige "l'armée privée du roi Trump", dans une chanson intitulée "Streets of Minneapolis"
Bruce Springsteen et le E Street Band se produisent en concert lors de la tournée Land of Hope & Dreams 2025 au San Siro Stadium de Milan, en Italie, le 30 juin 2025. - Alessandro Bremec / NurPhoto
4 minutes 35, écrites, enregistrées et diffusées quelques jours après la mort d'Alex Pretti à Minneapolis. Plus de 30 ans après Streets of Philadelphia, Bruce Springsteen a publié mercredi 28 janvier Streets of Minneapolis, une chanson de protestation dénonçant les opérations menées par l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), police anti-immigration à Minneapolis.
"J'ai écrit cette chanson samedi, je l'ai enregistrée hier et je la publie aujourd'hui en réponse à la terreur d'État qui s'abat sur la ville de Minneapolis", a déclaré le chanteur de 76 ans sur les réseaux sociaux.
"Elle est dédiée au peuple de Minneapolis, à nos voisins immigrés innocents et à la mémoire d'Alex Pretti et de Renee Good".
Alex Pretti, infirmier en soins intensifs âgé de 37 ans, a été tué le 24 janvier par plusieurs balles tirées par des agents de l'ICE alors qu'il tentait de porter assistance à une femme bousculée par des agents fédéraux à une intersection de Minneapolis. Renee Good avait quant à elle été abattue le 7 janvier par un agent de l'ICE qui lui a tiré au visage alors qu'elle se trouvait dans sa voiture.
Ces morts ont provoqué une vague d'indignation nationale. Kamala Harris, Barack Obama, Bill Clinton et Joe Biden ont tous exprimé leur consternation. L'ancien président Biden a notamment écrit sur ses réseaux sociaux que "la violence et la terreur n'ont pas leur place aux États-Unis d'Amérique, surtout lorsque c'est notre propre gouvernement qui cible des citoyens américains".
Des attaques directes contre Stephen Miller et Kristi Noem
Dans les paroles de Streets of Minneapolis, Springsteen dénonce "l'armée privée du roi Trump venue du DHS" (Department of Homeland Security) et fait une référence directe aux figures controversées de l'administration Trump: le Conseiller à la sécurité intérieure de Stephen Miller et la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem.
"L'armée privée du roi Trump, issue du DHS/Les armes à la ceinture de leurs manteaux
Est venue à Minneapolis pour faire respecter la loi/Du moins, c'est ce qu'ils racontent", chante Bruce Springsteen.
La chanson évoque directement les violences contre Alex Pretti: "Les voyous fédéraux de Trump l'ont frappé / Au visage et à la poitrine / Puis nous avons entendu les coups de feu / Et Alex Pretti gisait mort dans la neige / Ils prétendent que c'était de la légitime défense, monsieur / Ne croyez simplement pas vos yeux / C'est notre sang et nos os / Et ces sifflets et ces téléphones / Contre les sales mensonges de Miller et Noem".
Cette chanson n'est pas la première prise de position de Springsteen contre la politique anti-immigration de l'administration Trump. Le 17 janvier, lors du Light of Day Winterfest dans le New Jersey, il avait dédié sa chanson The Promised Land à Renee Good.
"Si vous croyez au pouvoir de la loi et que personne ne se tient au-dessus d'elle, si vous vous opposez à des troupes fédérales lourdement armées et masquées envahissant une ville américaine en utilisant des tactiques de la Gestapo contre nos concitoyens, si vous pensez que vous ne méritez pas d'être assassiné pour avoir exercé votre droit américain de manifester, alors envoyez un message à ce président".
Bruce Springsteen n'a jamais été tendre envers le président américain, affirmant que son administration était "corrompue, incompétente et traîtresse" en mai dernier. Donald Trump avait alors répondu qu'il était "pruneau desséché" et avait menacé de lancer une enquête fédérale contre l'artiste.
Quelques mois plus tard, en septembre, Bruce Springsteen avait appelé à la destitution du président américain, affirmant que ce dernier devait "être relégué aux poubelles de l'histoire".
D'autres artistes, acteurs et chanteurs, comme Natalie Portman, Edward Norton ou encore Billie Eilish ont dénoncé l'action de l'ICE à Minneapolis, évoquant une "armée illégale", qui "kidnappe", "agresse" et "assassine", des citoyens américains.











