Un rapport officiel confirme que deux agents fédéraux ont tiré sur Alex Pretti à Minneapolis

Deux agents fédéraux de la police des frontières américaine (CBP) ont bien ouvert le feu samedi 24 janvier à Minneapolis sur Alex Pretti, le blessant mortellement, selon un rapport du ministère de la Sécurité intérieure remis au Congrès.
Alex Pretti a résisté à son interpellation par des policiers masqués, assure le rapport publié mardi soir par des médias américains. Mais contrairement à ce qu'avait affirmé la ministre de la Sécurité nationale Kristi Noem juste après l'affrontement, il n'a pas brandi d'arme.
Le ministère avait affirmé, sans preuve, que l'infirmier de 37 ans "voulait faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l'ordre". Mais rien dans le rapport ne vient étayer cette allégation, déjà contredite par des vidéos de témoins.
Le document présente une chronologie détaillée de l'incident tragique pour établir que samedi, vers 9h locales, un policier a tenté d'interpeller Alex Pretti et une femme, tous deux munis de sifflets, qui refusaient de quitter la chaussée.
Dix coups de feu
L'agent a utilisé un spray de gaz au poivre contre les deux manifestants. "Pretti a résisté aux efforts du personnel de la CBP et une lutte s'est ensuivie", poursuit le rapport.
"Pendant la lutte, un policier a crié à plusieurs reprises: 'Il a un flingue!'. Environ cinq secondes plus tard, un policier a déchargé son Glock 19 et un autre policier a également déchargé son Glock 47" sur la victime, précise-t-il, évoquant deux armes de service.
Une analyse du New York Times, basée sur les multiples images vidéo de la scène, a révélé que les policiers avaient tiré dix coups de feu, dont six alors qu'Alex Pretti était allongé, immobile, au sol. Ces vidéos témoignent qu'Alex Pretti avait été désarmé avant d'être abattu.
Le maire de Minneapolis "joue avec le feu"
Il s'agit du deuxième manifestant tué par balles par des agents fédéraux depuis le début de l'opération anti-immigration qui génère de nombreuses tensions dans cette ville du Minnesota.
Mardi, le maire Jacob Frey a affirmé sur X que Minneapolis "n'appliquait pas et n'appliquerait pas les lois fédérales sur l'immigration", après avoir rencontré le conseiller de Donald Trump, Tom Homan, chargé de désamorcer les tensions.
En réponse, Donald Trump l'a accusé mercredi de "violer la loi" et de "jouer avec le feu". "Est-ce que quelqu'un dans son cercle proche pourrait lui expliquer que cette déclaration constitue une violation très grave de la loi et qu'il JOUE AVEC LE FEU", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth social, qui avait promis mardi une "petite désescalade".












