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Entre les annulations de vols et les remboursements des clients, le plus long shutdown de l'histoire américaine a fait perdre 200 millions de dollars à la compagnie aérienne Delta

BFM Business Olivier Chicheportiche
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Le "shutdown" le plus long de l'histoire américaine a duré 43 jours, provoquant notamment la mise au chômage technique de nombreux contrôleurs aériens.

La note est salée. Delta Airlines est la première grande compagnie aérienne américaine à évaluer le coût de la paralysie budgétaire aux États-Unis la plus longue de son histoire. Entre le 1er octobre et le 12 novembre, l'absence de budget fédéral a provoqué la mise au chômage technique de nombreux contrôleurs aériens tandis que les autres devaient travailler gratuitement, poussant le régulateur à imposer de nombreuses annulations de vols dans les 40 plus importants aéroports du pays (10.000 au total).

Pour Delta, entre ces annulations, la baisse des réservations évaluée à 5/10% et les remboursements pour ses clients, l'addition se monte à 200 millions de dollars au quatrième trimestre, soit la bagatelle de 4,6 millions de dollars par jour de shutdown. Cet impact se traduit par environ 25 cents par action, a précisé la compagnie. En octobre, le transporteur basé à Atlanta prévoyait un bénéfice ajusté de 1,60 à 1,90 dollar par action pour le trimestre clos en décembre, rappelle Reuters.

Plus de 10.000 vols annulés

L'opérateur estime par ailleurs que la communication de l'administration Trump a amplifié les difficultés.

"Quand le secrétaire aux Transports explique au public qu’il manque des contrôleurs et laisse entendre qu’il y a un problème de sécurité à un certain niveau, ce qui n’était jamais arrivé auparavant, les clients reportent leurs réservations pour les fêtes", a déclaré Ed Bastian, directeur général.

Delta n'est évidemment pas la seule compagnie à être touché. Conjuguée aux perturbations météorologiques, cette situation a incité certains analystes de Wall Street à revoir à la baisse leurs estimations de bénéfices pour le quatrième trimestre des compagnies aériennes américaines, jusqu'à 30%.