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"Les contrôleurs doivent reprendre le travail IMMÉDIATEMENT": Trump menace les agents du ciel en arrêt (plus payés depuis 2 mois) et promet 10.000 dollars aux autres

BFM Business Frédéric Bianchi , Journaliste BFM Éco
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Le président américain a menacé les contrôleurs aériens qui ont cessé leur activité à cause de la paralysie budgétaire de retenir une partie de leurs salaires s'ils ne revenaient pas "immédiatement" au travail. Le shutdown pourrait prendre fin dans la nuit de ce lundi alors que certains démocrates ont passé un accord avec le camp républicain.

Donald Trump a menacé, lundi 10 novembre, les contrôleurs aériens qui ont cessé leur activité à cause de la paralysie budgétaire de retenir une partie de leurs salaires s'ils ne revenaient pas "immédiatement" au travail.

"Tous les contrôleurs aériens doivent reprendre le travail IMMEDIATEMENT!!! Tout ceux qui ne le feront pas auront des retenues substantielles" sur leurs salaires, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, en évoquant au contraire un "bonus de 10.000 dollars" par personne pour ceux restés à leur poste pendant la durée du "shutdown".

"Si vous souhaitez quitter le service prochainement, n'hésitez pas, sans aucune indemnité ni préavis! Vous serez rapidement remplacés par de vrais patriotes, qui feront un meilleur travail avec le tout nouvel équipement de pointe, le meilleur au monde, que nous sommes en train de commander", a poursuivi Donald Trump, alors que les États-Unis entrevoient lundi une issue prochaine à la paralysie budgétaire après un accord passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés, qui font déjà face aux foudres de leur propre camp. Après plus de 40 jours de "shutdown", un record, l'adoption par le Sénat du nouveau texte budgétaire est attendue tard lundi 10 novembre, voire dans la nuit.

Fortes perturbations du trafic aérien

Après plus de 40 jours de "shutdown", un record, les Etats-Unis entrevoient lundi une issue prochaine à la paralysie budgétaire après un accord passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés, qui font déjà face aux foudres de leur propre camp. L'adoption par le Sénat du nouveau texte budgétaire est attendue tard lundi voire dans la nuit.

La situation du trafic aérien américain s’est encore fortement dégradée lundi, en raison d’une pénurie de contrôleurs aériens aggravée par la plus longue paralysie du gouvernement fédéral jamais enregistrée. Bien que tenus de travailler, ces contrôleurs n’ont pas reçu leur deuxième salaire depuis le début du blocage budgétaire, poussant certains à chercher un emploi supplémentaire pour subvenir à leurs besoins. Cette combinaison de tensions financières et de surcharge de travail a entraîné un ralentissement majeur dans la gestion du trafic aérien à l’échelle nationale.

Les chiffres témoignent de l’ampleur des perturbations. Dimanche, 2.631 vols ont été annulés aux États-Unis, soit 10% du total, marquant la quatrième pire journée depuis janvier 2024, selon la société Cirium. À titre de comparaison, les annulations de vendredi, avant que les réductions de vols imposées par l’administration Trump ne prennent effet, figuraient seulement au 72ᵉ rang des pires journées de l’année précédente. Lundi, la tendance ne s’est pas inversée : 1.432 vols ont été supprimés sur 25.733, soit environ 5,5 %, et le nombre continuait de croître.

18.600 vols retardés

Les perturbations se sont multipliées tout au long du week-end, avec près de 18.600 vols retardés et plus de 4.500 annulés selon FlightAware. Initialement limitées aux trajets régionaux et court-courriers, les annulations ont fini par toucher les vols long-courriers, compliquant la logistique des grandes compagnies aériennes américaines, qui dépendent fortement des liaisons intérieures. Cette désorganisation généralisée a eu un effet domino sur les correspondances et la planification du personnel aérien.

Face à cette crise, certaines compagnies, comme United Airlines et Delta Air Lines, ont proposé des primes à leurs hôtesses et stewards pour les inciter à effectuer davantage de vols, selon des messages internes obtenus par CNBC. Ce type de mesure, habituellement réservé aux situations exceptionnelles comme les tempêtes, souligne la gravité de la situation actuelle. Pendant ce temps, le Sénat poursuit les discussions pour parvenir à un accord budgétaire susceptible de mettre fin au blocage, mais aucun texte n’a encore été approuvé.