En Iran, ce PDG d'un opérateur télécom refuse de bloquer internet, il est limogé par le régime qui tente de mater la contestation
Le drapeau pré-révolutionnaire d'Iran brandi par des manifestants à Sydney en Australie le 9 janvier 2026. - NORVIK ALAVERDIAN / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Le PDG d'Irancell, deuxième opérateur de téléphonie en Iran, a été démis de ses fonctions pour ne pas avoir obéi à la décision du pouvoir de couper internet, a rapporté dimanche l'agence de presse Fars.
L'Iran a coupé le 8 janvier sans préavis et de façon inédite toute communication alors que se multipliaient les appels à des manifestations antigouvernementales initialement déclenchées par le marasme économique, et réprimées par le régime dans le sang.
L'accès à l'internet mondial est depuis quasi impossible en Iran même si des restrictions ont commencé à être levées dimanche pour certains sites étrangers à l'image de Google.
"Alireza Rafieï a été démis de ses fonctions après environ un an à la tête de l'entreprise" Irancell, a indiqué Fars.
"Irancell aurait désobéi aux ordres des instances décisionnelles concernant la mise en application des mesures relatives à la restriction de l'accès à Internet en situation de crise", écrit l'agence.
"Non-respect des règles annoncées en situation de crise"
"Les instances compétentes ont décidé de limoger le PDG d'Irancell, invoquant le 'non-respect des règles annoncées en situation de crise'", a ajouté Fars. Les autorités iraniennes ont annoncé qu'elles envisageaient de rétablir "progressivement" l'accès à internet.
Dimanche matin à Téhéran, des journalistes de l'AFP ont pu accéder à l'internet mondial, bien que la majorité des fournisseurs d'accès restent bloqués. Les raisons de cette connexion limitée n'étaient pas claires dans l'immédiat.
L'accès à Google a lui été rétabli dimanche "via toutes les lignes de téléphonie mobile et les fournisseurs d'accès", selon la télévision d'Etat. Irancell a été fondé en 2005 et revendique 70 millions d'abonnés.