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Shein, Oléron, Algérie, union des droites... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Retailleau sur BFMTV

BFM Matthieu Heyman
Le président des Républicain Bruno Retailleau le 6 novembre 2025.

Le président des Républicain Bruno Retailleau le 6 novembre 2025. - BFMTV

L'ancien ministre de l'Intérieur, et président des Républicains, Bruno Retailleau a été interrogé ce jeudi sur BFMTV sur une diversité de sujets, à 18 mois du scrutin présidentiel.

Environ un mois après son départ du ministère de l'Intérieur, Bruno Retailleau s'est longuement confié ce jeudi 6 novembre à Bry-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, sur BFMTV. Un entretien au cours duquel le président des Républicains évoque les relations avec l'Algérie, le drame d'Oléron ou encore les ambitions de son parti pour la prochaine élection présidentielle.

• Pour Bruno Retailleau, la France "est faible" face à l'Algérie

Bruno Retailleau s'interroge sur "les résultats" obtenus par la France sur le dossier algérien, alors que Paris "tend la main depuis des années" à Alger. S'il "comprend une histoire tumultueuse et orageuse" entre les deux pays, il refuse qu'"on se permette de s'essuyer les pieds sur (s)on pays".

Décrivant un "régime qui s'isole de plus en plus sur la scène internationale", il reproche à l'Algérie d'"utiliser l'histoire douloureuse de la colonisation pour la retourner contre nous".

L'ex-ministre de l'Intérieur, qui a multiplié les prises de position sur les relations franco-algériennes, souligne que "la crise (l)'a précédé", citant le refus d'Alger que les avions militaires français survolent son espace aérien dans la lutte anti-terroriste au Sahel par le passé.

"Ils nous utilisent et nous on est faible", regrette Bruno Retailleau.

Ce dernier estime aussi que les accords franco-algériens de 1968 "encourage une immigration de peuplement" et accorde "des privilèges exorbitants aux Algériens", raison pour laquelle il les trouve "totalement déséquilibrés".

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• L'union des droites, Bruno Retailleau "n'y croit pas"

Les différentes forces de droite vont-elles s'allier pour 2027? Bruno Retailleau "ne croit pas dans l'union des droites", la comparant à une "union des appareils".

"Je veux parler aux électeurs du Rassemblement national, parce que ce sont nos anciens électeurs", poursuit le président des Républicains, qualifiant le parti d'extrême droite de "girouette sur le plan économique".

Bruno Retailleau rappelle que "la clarification" entre LR et le RN a "déjà eu lieu il y a plus d'un an". Une référence au ralliement d'Éric Ciotti, alors président du mouvement, au parti à la flamme dans le cadre des élections législatives de 2024. "Il y en a beaucoup qui sont allés avec lui? Certainement pas", souligne Bruno Retailleau.

• Quel candidat pour 2027? Les adhérents LR "trancheront"

Et si Les Républicains se rangeaint dans une large primaire du centre à l'extrême droite pour désigner leur candidat? Pour Bruno Retailleau, cela est "un peu ridicule" car "le principe d'une primaire est que les perdants acceptent de se ranger derrière le perdant".

"Mon objectif (...) est que nous ayons en 2027 un candidat avec nos propres couleurs", réitère-t-il sur notre antenne.

Bruno Retailleau veut "tout faire pour qu'on ait notre candidat", estimant que son parti "représente dans l'échiquier politique quelque chose d'original".

Comment ce candidat sera désigné? "C'est les adhérents qui trancheront les modalités de la sélection pour le candidat", explique le président du parti. Celui-ci sera-t-il Bruno Retailleau lui-même? "Je n'ai pas l'habitude de me dérober, je pense qu'il reste de longs mois", répond-il laconiquement.

• Bruno Retailleau "interdirait Shein"

Face aux nombreuses polémiques entourant Shein, Bruno Retailleau "interdirait" la plateforme chinoise en France et "appelle l'Europe à changer de pied" sur ce dossier. Sur BFMTV, il regrette que "l'Europe ait refusé de se protéger très naïvement d'une concurrence très déloyale de pays qui ne respectent pas l'environnement, ne respectent pas les modèles sociaux et font travailler des jeunes enfants". Il pointe aussi "une hyper réglementation en France (...) qui a écrabouillé notre industrie".

• Sur le drame d'Oléron, Bruno Retailleau voit "des indices troublants" sur le suspect

Reconnaissant ne "pas avoir toutes les informations" sur le drame survenu ce mercredi sur l'île de l'Oléron, où un homme a blessé cinq personnes dont deux grièvement au volant d'une voiture, Bruno Retailleau observe "des indices troublants". Il cite "le cri de guerre 'allah akbar'", le "mode opératoire" de la voiture-bélier et la présence d'une bonbonne de gaz dans le coffre du véhicule.

Dans cette affaire, l'expertise psychiatrique du suspect a relevé une "altération" mais pas une "abolition" de son discernement, selon le procureur de la République de La Rochelle Arnaud Laraize. Mais pour Bruno Retailleau, "le seul trouble psychiatrique n'est pas un indice suffisant pour exonérer un individu de participer à une entreprise terroriste".

Pour illustrer son propos, il cite l'attentat du pont de Bir-Hakeim commis en décembre 2023 à Paris. "C'était très clairement terroriste, mais il y avait aussi un trouble psychiatrique", rappelle l'ex-ministre de l'Intérieur sur BFMTV.

• Bruno Retailleau veut que l'Assemblée nationale "rectifie son règlement" sur le port du voile

Interrogé sur les tensions à l'Assemblée nationale sur la présence de jeunes filles voilées en tribunes ce mercredi, Bruno Retailleau demande au Palais Bourbon de "rectifier son règlement comme le Sénat". Dans cette instance, "vous ne pourriez pas assister à une séance dans les tribunes si vous aviez un voile", souligne Bruno Retailleau.

Le règlement du Sénat indique que "le public admis dans les tribunes se tient assis, découvert et en silence".

"Ne soyons pas naïfs, le voile a deux objectifs pour les islamistes: 'la femme est l'inférieur de l'homme et nous ne sommes pas comme vous'", poursuit sur BFMTV le président des Républicains pour qui "le voile est un emblème (...) d'une idéologie politique, l'islamisme".