Budget 2026: la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises rapportera "environ 8 milliards d'euros"

Le gouvernement a annoncé, ce dimanche 18 janvier, renoncer dans ses arbitrages finaux pour le budget à baisser la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), et reconduire finalement comme en 2025 le barème de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, sauf pour les ETI, ce qui devrait rapporter "environ 8 milliards d'euros".
"Il a donc été renoncé à toute économie sur les allègements de charges au détriment, malheureusement, de la baisse de la CVAE qui figurait dans le texte initial", annonce le Premier ministre dans une lettre qu'il a adressée aux entrepreneurs, rendue publique dimanche soir, alors que le projet de budget initial combinait les deux.
La surtaxe rapportera "environ 8 milliards d'euros"
Dans sa lettre, Sébastien Lecornu annonce par ailleurs que le gouvernement "reprend" le barème de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, tout en précisant en exclure "explicitement" les entreprises de taille intermédiaire (ETI).
Cette surtaxe rapportera "environ 8 milliards d'euros" dans la version finale du budget 2026, a précisé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, dimanche soir. Ce qui correspond peu ou prou à son niveau de rendement pour l'année 2025.
"Cet effort demandé aux très grandes entreprises a un sens très clair et une portée nationale: il contribuera directement au financement de l'accélération de notre trajectoire de défense", plaide le Premier ministre dans sa lettre, assurant que les chefs d'entreprises prennent par là même "toute leur part à l'effort du pays dans un contexte stratégique exigeant" et saluant une "expression concrète de leur patriotisme".
Une suppression qui était prévue en 2028
Concernant la CVAE, le projet de budget initial prévoyait non seulement de baisser cet impôt de production, mais de le supprimer définitivement en 2028, deux ans avant l'échéance précédemment prévue, pour un coût de 1,3 milliard d'euros. Cela correspondait à une attente forte des entrepreneurs.
"Je reste néanmoins persuadé qu'il faudra demain poursuivre la baisse de la CVAE qui a été entamée ces dernières années", précise toutefois le chef du gouvernement dans sa lettre.
Vendredi, le président du Medef, Patrick Martin, exprimait l'inquiétude de son mouvement vis-à-vis des "éventuelles contreparties fiscales aux nouvelles dépenses annoncées" par Sébastien Lecornu, réclamant notamment le "respect de la parole de l'État" sur la baisse de la CVAE.
Un effort pour "la défense"
Autre point précisé par le Premier ministre, les "biens somptuaires" seront exclus du Pacte Dutreil, dispositif qui prévoit un abattement de 75% sur les transmissions d'entreprises, sans que ces derniers ne soient explicitement définis dans la lettre.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué sur BFMTV ce dimanche que "l'effort est ciblé sur les grandes entreprises, c'est vrai, dont certaines ou la plupart ont des résultats assez intéressants" mais que cet effort va servir "à la défense".
"Il y a du patriotisme économique dans ces entreprises", a-t-il ajouté.













