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Narcotrafic, proxénétisme... À quoi va servir le Parquet national anticriminalité lancé ce lundi?

BFM Elisa Fernandez avec AFP
La justice représentée. (Photo d'illustration)

La justice représentée. (Photo d'illustration) - Michael Coghlan - CC - Flickr

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Le Parquet national anticriminalité (Pnaco) prend ses fonctions dès ce lundi 5 janvier. Des magistrats et agents enquêteront désormais à temps plein sur les affaires les plus gravées liées au crime organisé.

Une unité inédite qui vient renforcer l'arsenal judiciaire contre le narcotrafic et ses acteurs. Le Parquet national anticriminalité (Pnaco) prend ses fonctions dès ce lundi 5 janvier. Et hérite déjà de dossiers brûlants.

Ce tout nouveau parquet, sur un modèle similaire au Parquet national antiterroriste ou au Parquet national financier, regroupe 16 magistrats et 34 agents qui travailleront à temps plein sur la lutte judiciaire contre la criminalité organisée en France.

Alors qu'elles étaient la plupart du temps ouvertes et traitées par les parquets couvrant le lieu des infractions, les enquêtes autour des faits les plus graves en matière de crime organisé seront donc désormais centralisées par le Pnaco.

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Des dossiers brûlants déjà transmis au Pnaco

Les enquêteurs et magistrats du Pnaco se retrouvent déjà à devoir traiter 170 dossiers en cours, pour narcotrafic, mais aussi pour des faits de traite d'êtres humains, de proxénétisme ou encore de vols à main armée.

Ils héritent de dossiers brûlants, à l'image des investigations autour des tenants et aboutissants de l'évasion de Mohamed Amra, qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires en mai 2024, ou encore sur la série d'enlèvements liés aux cryptomonnaies commis en 2025.

"Sur chaque dossier, on aura un binôme" de procureurs, épaulés d'assistants spécialisés, pour pister le produit stupéfiant mais aussi l'argent, avec une "enquête patrimoniale poussée", explique à l'AFP la procureure Vanessa Perrée. Traquer l'argent "est essentiel", martèle la magistrate, ancienne directrice de l'Agence de gestion et recouvrement des avoirs saisis (Agrasc).

Nouveaux outils pour les enquêteurs

Le Pnaco faisait partie de la loi "visant à sortir la France du piège du narcotrafic", dite loi narcotrafic, promulguée en juin 2025 et ayant pour ambition de doter les enquêteurs de nouveaux outils.

Parmi ces nouveaux dispositifs, la création d'un "dossier coffre", un procès-verbal distinct afin de ne pas divulguer les techniques d'enquête aux mis en cause", la possibilité d'activer un téléphone à distance pour des écoutes ou encore de procéder à des gardes à vue plus longues que d'ordinaire.

"Avec ce nouveau parquet, la création des prisons de haute sécurité et l’intense travail diplomatique que nous menons, nous renforçons considérablement notre lutte contre les narcocriminels et l’argent de la drogue et nous ouvrons une nouvelle ère judiciaire", se félicite ce lundi Gérald Darmanin, ministre de la Justice, sur le réseau social X.

En novembre dernier, alors qu'il était en déplacement à Marseille après le meurtre de Mehdi Kessaci, le Garde des Sceaux défendait son bilan en la matière, martelant que la menace était "au moins équivalente à celle du terrorisme".