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17 magistrats, 50 agents… Où en est la création du Parquet national anticriminalité, pensé pour lutter contre le narcotrafic?

BFM Sylvain Allemand
La justice représentée. (Photo d'illustration)

La justice représentée. (Photo d'illustration) - Michael Coghlan - CC - Flickr

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En déplacement jeudi à Marseille après le meurtre de Mehdi Kessaci, le garde des Sceaux a estimé que la menace du narcotrafic est "au moins équivalente à celle du terrorisme", alors qu'un parquet spécialisé sur le narcotrafic doit voir le jour en janvier 2026.

Marseille se recueille ce samedi. Plus d'une semaine après la mort de de Mehdi Kessaci, frère du militant Amine Kessaci, engagé contre le narcobanditisme, une marche blanche est organisée dans la cité phocéenne. Un rassemblement d'hommage et contre le narcotrafic.

En déplacement ce jeudi à Marseille, les ministres de la Justice et de l'Intérieur ont défendu leur bilan dans la bataille "très, très dure" contre le narcobanditisme et dont la menace est "au moins équivalente à celle du terrorisme". Les deux ministres ont aussi mis en avant la loi "visant à sortir la France du piège du narcotrafic" promulgué en juin dernier.

Un texte qui prévoit l'ouverture pour janvier 2026, d'un Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), pour renforcer l'arsenal judiciaire français contre les narcotrafiquants. Inspiré du modèle du Parquet national terroriste (Pnat), cette entité aura la charge de centraliser le traitement des infractions les plus graves relevant de la criminalité organisée.

17 magistrats et 50 agents

Ce nouveau parquet spécialisé sera composé de 17 magistrats et 50 agents, notamment des officiers de liaison consacrés à combattre le crime organisé et le narcotrafic.

"Vous aurez au sein de ce Pnaco, une personne qui sera dédiée à la saisie des avoirs criminels ainsi que des assistants spécialisés dans des domaines comme par exemple la cryptomonnaie", précise à BFMTV Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice.

Pour mener cette vaste mission, Gérald Darmanin a proposé le nom de Vanessa Perrée pour prendre la tête du Pnaco. La magistrate gère aujourd’hui les avoirs et biens confisqués dans les affaires de grande ampleur en dirigeant l’agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués.

"La question de la confiscation des avoirs criminels est un élément essentiel pour frapper les trafiquants directement au porte-monnaie. De plus, elle a été à la tête de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris, donc elle connaît très bien le crime organisé", justifie le porte-parole.

Coordonner un réseau interrégional

Tout comme le parquet national antiterroriste, cette instance spécialisée pourra se saisir des dossiers présentant une forte médiatisation ou une haute complexité pouvant être liée à la multiplicité des auteurs.

"Ce parquet aura une compétence nationale en s'occupant des affaires très médiatiques ou complexes qui vont remonter à Paris parce que vous avez un lien avec l'étranger", indique le porte-parole du ministère de la Justice.

Lorsqu'il sera effectif, le Pnaco ne remplacera pas pour autant les juridictions interrégionales spécialisées (JIRS).

"Contrairement au Pnat, le Pnaco n'aura pas une compétence exclusive sur un domaine. Il ne s'occupera pas de l'ensemble des affaires touchant à la criminalité organisée", précise Sacha Straub-Kahn.

Cette entité sera donc chargée de coordonner la bonne communication entre les JIRS où autres parquets régionaux sur des affaires concernant la criminalité organisée, afin que des suspects ne passent pas entre les maillons de la justice.

Par exemple, s'il existe un lien manifeste entre des dossiers marseillais et lillois, le Pnaco peut demander aux deux juridictions de se rapprocher pour éventuellement regrouper les dossiers dans l'une des villes.

"Ce parquet permettra de donner un vison d'ensemble de la criminalité organisée sur le territoire", conclut le porte-parole.