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Adolescente torturée dans le Rhône: les violences commises par les filles mineures sont-elles en augmentation?

BFM Paul Conge
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Trois jeunes filles mineures ont été mises en examen, suspectées d'avoir séquestré et torturé une adolescente de 15 ans dans un sous-sol, à Oullins-Pierre-Bénite (Rhône). Pour autant, les filles mineures n'apparaissent pas plus violentes qu'avant, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur publiées ce jeudi 29 janvier.

Un enfer en sous-sol. Julie*, une adolescente de 15 ans qui avait fugué de son foyer, a été séquestrée et torturée dans une cave d’immeuble à Oullins-Pierre-Bénite (Rhône), à côté de Lyon, par trois autres jeunes filles, mais aussi son ex-petit-ami, dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 janvier.

Les agresseuses présumées, très jeunes, lui ont infligé de graves sévices: un smiley gravé dans le dos, des coups de couteau à la cuisse ou encore l'ont aspergée de poudre d’extincteur, entre autres actes de torture et de barbaries, filmés sur un téléphone. Julie est finalement parvenue à fuir ses ravisseurs. Elle a été retrouvée errante et ensanglantée dans les rues de la commune. 

Sur les cinq suspects qui ont été interpellées, trois sont de jeunes filles. Parmi elles: Eva*, une rivale amoureuse âgée de 14 ans, et deux amies âgées de 14 et 17 ans. Elles ont été mises en examen pour "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture ou acte de barbarie, et extorsion avec arme", a-t-on appris ce jeudi.

Adolescente séquestrée : la mère de l'une des agresseuses présumées témoigne
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Légère hausse des violences

L’affaire témoigne d’un niveau de violence inouï, surtout pour des filles si jeunes. Les violences physiques commises par des mineures ont connu une légère hausse en 2025, révèlent des chiffres publiés ce jeudi 29 janvier par le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) et consultés par BFMTV.

L’année dernière, policiers et gendarmes ont enregistré 5.758 affaires dans lesquelles de jeunes filles âgées de 10 à 17 ans étaient auteures de violences physiques en dehors du cadre familial. Il s’agit principalement de coups et de blessures. Cela représente une légère hausse (+3%) par rapport à l’année 2024, où elles s'élevaient à 5.613. Ce chiffre augmente constamment depuis 2022.

Toutefois, la tendance au long cours est "à la baisse", indique une source proche du ministère à BFMTV. En 2016, les filles représentaient ainsi 6.640 auteurs de violences. Ce chiffre a diminué en moyenne jusqu’en 2022, avant de connaître une nouvelle inflexion.

À titre de comparaison, les garçons mineurs représentent entre 24.000 et 32.000 auteurs de violences physiques entre 2016 et 2025. Soit cinq fois plus en moyenne.

Concernant les violences commises dans le cadre familial, plus de 1.100 filles mineures ont été mises en cause en 2025, un chiffre en augmentation quasi-constante depuis 2016, où elles n’étaient que 530.

*Leurs prénoms ont été modifiés.