INFO BFMTV. Le nombre de narchomicides en hausse dans le département du Rhône en 2025
Une brigade de police anti-stupéfiants afin d'éradiquer le trafic de drogue à Villeurbanne, en France, le 29 novembre 2024. - Romain Doucelin/NurPhoto
Alors que l'actualité de la criminalité organisée a récemment rebondi à Lyon avec l'arrestation de plusieurs Colombiens soupçonnés de préparer un violent règlement de compte, le nombre de narchomicides recensés dans le Rhône en 2025 a augmenté, a appris BFMTV de sources concordantes. En 2025, 10 assassinats en lien avec le trafic de stupéfiants dans le Rhône ont ainsi été enregistrés, contre 6 en 2024.
Selon plusieurs sources policières lyonnaises, cette nouvelle dynamique peut s'expliquer de plusieurs manières.
L'ombre de la DZ Mafia et des clans locaux
Dans l'agglomération lyonnaise, plusieurs sources policières interrogées expliquent à BFMTV que cette hausse peut s'expliquer une nouvelle fois par l'ombre de la DZ Mafia. L'organisation, ou ceux prétendant y appartenir, cherche désormais à s'installer dans l'agglomération lyonnaise.
Ces tentatives d'installation, bien que repoussées par la police, alimentent tout de même les rivalités territoriales et donc les règlements de compte.
Ces mêmes sources policières rajoutent qu'il ne faut pas non plus, dans ce phénomène en hausse, oublier les rivalités locales entre trafiquants de stupéfiants déjà installés à La Duchère, Vénissieux, Villeurbanne ou Vaulx-en-Velin.
Ainsi, les faits en lien avec le trafic de stupéfiants apparaissent régulièrement dans l'activité policière ou judiciaire du Rhône. D'intensité variable, ils peuvent se traduire par des fusillades, des enlèvements, ou des actes d'intimidation comme des incendies ou des tirs sur des portes de domicile.
En réaction, la préfète du Rhône Fabienne Buccio a déclaré que "la lutte contre le narcotrafic est notre priorité". Elle ajoute: "Lyon repousse la DZ Mafia, nos enquêteurs interpellent des équipes de tueurs".
Saluant le travail des forces de l'ordre, la préfète précise "assumer" de "donner un coup de pied dans la fourmilière lorsque nous démantelons des points de deal, lorsque nous saisissons des stocks de drogue ou que nous interpellons en masse des trafiquants".
"Le parquet de Lyon est pleinement engagé dans la lutte contre le narcotrafic, la JIRS (Juridiction Interrégionale Spécialisée) de Lyon a d’ailleurs augmenté de 60% ses saisines d’affaires en lien avec le narcotrafic en 2025", indique le procureur de la République de Lyon Thierry Dran à BFMTV.
Une réponse policière importante
Dans ce contexte de hausse des narchomicides, l'activité policière s'est aussi adaptée. Près de 15 points de deal ont été démantelés en 2025 dans l'agglomération lyonnaise, dont ceux du Tonkin par exemple.
L'action policière a aussi permis d'interpeller près de 2.000 trafiquants présumés en 2025 ou d'augmenter la saisie d'avoirs criminels de 69% pour atteindre plus de 21 millions d'euros au total.
Le nombre d'amendes forfaitaires délictuelles dressées a aussi augmenté, notamment pour les occupations de halls d’immeubles. On en dénombre 812, soit une hausse de 69%.
Sur le plan national, en termes de nombre de narchomicides, le département du Rhône reste tout de même en dessous de celui des Bouches-du-Rhône, qui a compté, lui, 19 narchomicides en 2025 dont 16 rien qu'à Marseille selon le procureur de la République à Marseille Nicolas Bessone. Un chiffre en baisse dans la cité phocéenne.














