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"Les rues sont encore remplies de sang": le comédien Kheiron et sa mère, franco iraniens, dénoncent les exactions du régime à Téhéran

BFM Tao Chardel
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Invités sur le plateau de BFMTV, le comédien Kheiron et sa mère Fereshteh Tabib, tous deux franco-iraniens, ont livré un témoignage touchant sur les conditions de vie de leur famille à Téhéran.

Un témoignage glaçant sur une population persécutée depuis de nombreuses années.
Après des jours d’angoisse et d’inquiétude, le comédien Kheiron et sa mère, Fereshteh Tabib, tous deux franco-iraniens, ont enfin pu reprendre contact avec leur famille restée en Iran. Depuis les terribles manifestations, au cours desquelles la population a été violemment réprimée pendant plusieurs jours par la République islamique d’Iran, ils étaient sans nouvelles en raison des coupures d’Internet imposées par le régime.

"Ils ont vécu l'enfer pendant ces quelques jours de massacres", confie Fereshteh Tabib, militante anti-régime de longue date, sur le plateau de BFMTV. "Il est devenu très difficile de communiquer avec les membres de la famille. Ma belle soeur m'a dit que, même quelques jours après, les rues sont encore remplies de sang."

"Ce n'est pas terminé et les morts ne sont pas terminés. Tous les blessés, assassinés, les personnes cachés dans les maisons, nous n'avons pas les informations", ajoute-t-elle.

Certaines sources, notamment des ONG, estiment à 30.000 le nombre de personnes tuées lors des manifestations, qui ont débuté le 28 décembre 2025, ce qui ferait de cette répression l’une des plus meurtrières du XXIe siècle.

"Nous avons vécu une révolution, une guerre avec l'Irak, mais nous n'avons jamais vu une telle atrocité", explique la mère de Kheiron.

"Une bande de demeurés"

Le comédien de 43 ans n'a jamais vraiment connu son pays de naissance. Le 1er janvier 1984 alors qu'il n'avait que deux ans, ses parents ont fui l'Iran cinq ans après la révolution et la prise de pouvoir de la République islamique.

"Moi, je me suis réveillé dans une maternelle en France. Je n'ai pas vécu le danger comme ma mère, mon père et tous les Iraniens", avoue-t-il.

Cela ne l’empêche pas d’être profondément affecté par la tragédie qui se déroule dans son pays d’origine, où vit encore une partie de sa famille.

"Je suis humain. Ce qui se passe en Iran cela me touche..." souligne le réalisateur, qui a réalisé un film sur ses racines avec 'Nous trois ou rien' en 2015. "Je ne veux pas être taxé de récupérateur. Je veux sensibiliser les gens à travers mon art. C’est ma fonction, je ne suis pas politicien et j’aime cette posture-là."

Concernant le régime, l'ayatollah et ses dirigeants, il les décrit comme "une bande de demeurés [...] incompétents et corrompus."

Faux espoir américain

Alors que les États-Unis menacent d’attaquer l’Iran depuis plusieurs jours, en représailles aux violences étatiques et sur fond de dossier nucléaire, l’idée d’une guerre menée par Donald Trump ne séduit ni la mère ni le fils.

"Je redoute les frappes américaines", s'inquiète Fereshteh Tabib. "Ils ne sont pas là pour le peuple iranien. Trump a ses objectifs. Il était même prêt à négocier avec le gouvernement. Ils les a remerciés de ne pas tuer 800 personnes, alors qu'ils en ont tué des milliers!"

Tous les soirs dans Le Titre à la Une, découvrez ce qui se cache derrière les gros titres. Zacharie Legros vous raconte une histoire, un récit de vie, avec aussi le témoignage intime de celles et ceux qui font l'actualité.
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Son fils dénonce également le discours du président des États-Unis, qui aurait suscité un espoir illusoire et aggravé la répression, selon des membres de sa familles sur place. "Les gens sont descendus dans la rue. Ils se sont dit: 'Nous aussi on doit ajouter notre pierre à l'édifice'. Finalement, l'aide n'arrive pas et ils se sont fait massacrer", s'émeut-il en lisant le message d'un de ses proches sur le plateau de BFMTV.

"On a eu un rayon de lumière aujourd’hui, puisque Pasdaran (les Gardiens de la révolution) a été reconnue comme organisation terroriste par l’Europe. C’était notre souhait depuis des années. Ne laissez pas le peuple iranien seul", implore la mère qui espère que la paix reviendra avec la diplomatie.