
"Tout le monde se bousculait comme pas possible": le récit de la nuit d'horreur dans le bar à Crans-Montana
Une nuit d'horreur en Suisse. Un incendie dans Le Constellation, un bar de la station suisse huppée de Crans-Montana a fait "une quarantaine de morts" et "environ 115 blessés", selon le dernier bilan communiqué par les autorités ce jeudi 1er janvier. Pour le président de la Confédération suisse Guy Parmelin, il s'agit de "l'une des pires tragédies" que le pays ait connu. "Un drame d'une ampleur inédite et effroyable", selon lui.
Si l'enquête est toujours en cours pour déterminer les causes exactes du sinistre, les récits de témoins et des premiers éléments des investigations permettent de retracer le déroulé du drame.
"On s'est mis à courir. On n'arrivait pas à respirer"
Voilà environ 1h30 que des centaines de personnes, surtout des jeunes, fêtent le passage à la nouvelle année. C'est à ce moment que "de la fumée est aperçue" par un témoin qui contacte les forces de l'ordre, selon Frédéric Gisler, commandant de la police locale.
Selon différentes personnes présentes au moment du drame, des bougies étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne portée sur les épaule d'une autre pourraient avoir causé l'incendie. Une photo prise par une rescapée puis obtenue par BFMTV montre cette scène, sans que l'on puisse affirmer avec certitude qu'il s'agit du moment qui a provoqué le drame. De son côté, la procureure générale du canton de Valais Béatrice Pilloud explique que "la piste privilégiée est celle d'un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration".

L'alarme rouge est alors déclenchée moins d'une minute, après l'appel aux forces de l'ordre. "Les premières patrouilles de police sont arrivées sur les lieux, très rapidement appuyées par un important dispositif", raconte Frédéric Gisler.
À l'intérieur, l'anarchie règne déjà, l'incendie ayant déclenché une déflagration. "On s'est mis à courir. Le feu s'est propagé très très vite et la fumée piquait les yeux. On n'arrivait pas à respirer", décrit Laëtitia, une jeune rescapée de 17 ans. Deux autres clients du bar, Axel et Nathan, se souviennent "du chaos" qui y régnait.
"On était dans un sous-sol, on essayait de sortir. J'ai dû allonger une table et je me suis caché derrière pour éviter de me faire brûler. Les gens essayaient de sortir", racontent-ils à BFMTV, évoquant leur "instinct de survie".
"J'ai réussi à donner un coup de pied dans la vitre, elle est tombée et puis on est sortis", poursuivent Axel et Nathan.
"Compliqué de rester de marbre"
La propagation rapide des flammes suscite la panique des clients du bar incendié. "Tout le monde se bousculait comme pas possible", se souvient Laëtitia. Cette dernière raconte "s'être retrouvée sous trois-quatre personnes qui étaient en train de brûler", avec "des gens morts autour de nous".
"J'ai levé les mains, j'ai crié, un garçon que je ne connaissais pas m'a tiré et j'ai réussi à sortir grâce à lui", raconte-t-elle.
Un sentiment de "panique" partagé par Emma et Albane qui étaient à l'intérieur de l'établissement. "En quelques dizaines de secondes, toute la boîte de nuit a pris feu. On est tous sortis en hurlant et en courant", narrent-elles, évoquant "un mouvement de foule atroce". Une observation partagée par Adrien, qui a vu l'incendie depuis l'extérieur du bar.
"On a vu les gens sortir tous en pagaille, casser les vitres, des hommes en souffrance et des femmes les habits cramés, pleurer, hurler, des gens qui ne savaient pas si leurs proches étaient à l'intérieur", décrit-il
De son côté, Alex, qui se trouvait lui aussi devant Le Constellation, raconte "avoir vu un mouvement de foule, des gens sortir avec énormément de cris". Sur notre antenne, il témoigne d'une scène "choquante" face à laquelle il "était assez compliqué de rester de marbre".
"On ne sait pas où sont nos amis"
Des témoignages de rescapés font état d'un escalier étroit pour quitter Le Constellation. Des propos tempérés par la procureure générale du comté Béatrice Pilloud: "l’enquête sera là pour déterminer si les normes de sécurité ont été respectées", note-t-elle. Le sinistre est finalement "rapidement circonscrit", selon les autorités locales et "différents lieux d'accueil sont établis pour les blessés et les familles de victimes".
Car, plusieurs heures après le drame, beaucoup sont sans nouvelles de leurs amis avec qui il festoyait. C'est le cas de Laëtitia, pour qui "environ six" de ses amis "sont portés disparus". "Il y en a qui sont blessés, il y en a qui sont portés disparus. On ne sait pas où sont nos amis", racontent aussi Axel et Nathan à notre micro. D'après un nouveau bilan du Quai d'Orsay, huit Français n'ont pas encore été localisés.
Une help-line a été ouverte par les autorités suisses pour permettre aux proches de victimes d'obtenir de leurs nouvelles. Face au nombre important de blessés, "environ 115", l'hôpital du Valais connaît une "extrême tension", selon le président du Conseil d'État valaisan Mathias Reynard. Raison pour laquelle des blessés ont été transférés en France, en Italie et en Allemagne.











