Un proche conseiller de Donald Trump évoque de possibles manquements au "protocole" de la part des policiers fédéraux à Minneapolis
Stephen Miller à la résidence de Donald Trump de Mar-a-Lago en Floride le 3 janvier 2026 - Photo par JIM WATSON / AFP
Critiquée de toute part, la Maison Blanche change de ton. Le proche conseiller du président américain Stephen Miller a évoqué mardi 27 janvier de possibles manquements au "protocole" de la part des policiers fédéraux de l'immigration après la mort par balles de l'infirmier Alex Pretti pendant des protestations à Minneapolis.
"Les renforts envoyés dans le Minnesota pour une mission de protection devaient être utilisés pour conduire des opérations rapides créant une barrière entre les équipes procédant aux arrestations et les perturbateurs", a-t-il indiqué à l'AFP dans une déclaration écrite. "Nous examinons pourquoi l'équipe de la police de protection des frontières (CBP) pourrait ne pas avoir suivi le protocole".
Alex Pretti a été tué samedi par un agent de la CBP, une agence fédérale déployée à Minneapolis pour assister les opérations de l'ICE, la très critiquée police de l'immigration.
"Assassin en puissance"
La Maison Blanche a déclaré par la suite que Stephen Miller faisait référence à des "directives générales" destinées aux agents d'immigration opérant dans l'Etat, plutôt qu'à l'incident spécifique au cours duquel Alex Pretti a abattu par la police.
Elle a ajouté que les responsables "examineraient pourquoi des moyens supplémentaires de protection des forces n'étaient pas présents pour soutenir l'opération" visant à expulser les sans papiers du Minnesota.
Ce week-end, l'émisence grise de Donald Trump avait très vite pris la défense des agents de la police aux frontières qui ont abattu l'infirmier de 37 ans, en le traitant d'"assassin en puissance." La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait de son côté dénoncé un "acte de terrorisme intérieur".
Des vidéos analysées par l'AFP et d'autres médias américains mettent pourtant à mal la thèse des autorités selon laquelle Alex Pretti, qui portait légalement une arme sur lui, constituait une menace pour les forces de l'ordre. Selon ces images, l'infirmier a été désarmé avant d'être abattu.
Trump lâche du lest
La nouvelle déclaration de Stephen Miller intervient alors que le président a annoncé sa volonté de "désescalade" de l'opération anti-immigration dans cette ville du nord des Etats-Unis, à cran depuis la mort de deux manifestants depuis début janvier.
C'est désormais Tom Homan, émissaire de Donald Trump, qui est aux manettes de l'opération anti-migrants. Il a rencontré mardi des responsables locaux démocrates, vivement critiques des opérations d'expulsion.
"Même si nous ne sommes pas d'accord sur tout, ces réunions constituent un point de départ productif", a-t-il déclaré sur la plateforme X.
Bien qu'il ait lâché du lest face à des critiques nourries, y compris dans son camp, Donald Trump n'entend pas revoir sa politique en matière d'immigration. Il a indiqué que sa ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, restait en place.
Dans la principale procédure judiciaire contre l'action des agences fédérales dans le Minnesota, une juge a promis lundi une décision rapide concernant la demande du procureur général de l'Etat d'y suspendre l'opération.
La justice a aussi bloqué, tant qu'ils contestent leur détention, l'expulsion hors des Etats-Unis de Liam Conejo Ramos, 5 ans, et de son père d'origine équatorienne, arrêtés la semaine dernière. Une photo montrant le garçonnet apeuré, coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, le sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir, est devenue virale.
Un agent fédéral a par ailleurs été refoulé alors qu'il tentait de pénétrer dans le consulat d'Equateur à Minneapolis, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères du pays dont le président, Daniel Noboa est allié de Donald Trump.












