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Les autorités prolongent l'interdiction d'une opération anti-migrants d'extrême droite baptisée "Overlord" dans le Nord et le Pas-de-Calais

Des migrants tentent de traverser la Manche avec des bateaux de passeurs au large de la plage de Gravelines, dans le Nord, le 27 septembre 2025

Des migrants tentent de traverser la Manche avec des bateaux de passeurs au large de la plage de Gravelines, dans le Nord, le 27 septembre 2025 - Sameer Al-DOUMY © 2019 AFP

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Un arrêté pris dimanche a été prolongé pour deux jours afin d'interdire une opération anti-migrants d'extrême droite appelée "Overlord", à Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer et Lille.

Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont prolongé ce lundi 26 janvier jusqu'à mercredi l'interdiction d'un rassemblement anti-migrants intitulé "Overlord", dans le cadre duquel des activistes britanniques d'ultra-droite pourraient tenter de se rendre sur le littoral du nord de la France.

Cet arrêté pris dimanche prolonge de deux jours l'interdiction annoncée vendredi, et qui s'étendait jusqu'à lundi 8 heures de tout rassemblement "de membres revendiqués du mouvement 'Raise the colours'" dans les arrondissements de Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer et Lille.

"Si aucun rassemblement d'ampleur n'a été constaté jusqu'à présent, plusieurs comptes ont réalisé des publications ce weekend indiquant la poursuite de l'opération", écrivent les deux préfectures dans un communiqué commun, publié dans la nuit de dimanche à lundi.

Dix militants d'extrême droite accusés d'"actions à caractère violent"

Un militant britannique d'extrême droite, Daniel Thomas, avait notamment appelé sur ses réseaux sociaux à des rassemblements samedi à Douvres et sur le littoral du nord de la France.

Cette opération était appelée "Overlord", en référence notamment à la bataille de Normandie dans laquelle des soldats alliés ont traversé la Manche en 1944 pour combattre les troupes nazies en France.

Dix militants britanniques d'extrême droite, accusés d'"actions à caractère violent" à l'encontre de migrants sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais, avaient déjà fait l'objet d'une interdiction de territoire français le 13 janvier.

Malgré l'arrêté interdisant l'opération, Daniel Thomas, qui assure être lui-même visé par une interdiction de territoire français, a publié samedi sur ses réseaux sociaux des photos et vidéos qu'il dit prises le jour-même sur des plages françaises. Il y apparaît entouré d'une dizaine d'autres hommes, tous habillés en tenues sombres et brandissant des drapeaux britanniques.

Aucune interpellation

La préfecture de la région Hauts-de-France n'avait recensé samedi soir aucune interpellation de militant britannique. Elle n'était par ailleurs pas en mesure de confirmer que les images diffusées par Daniel Thomas avaient bien été tournées samedi en France.

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Une centaine de personnes se sont également rassemblées samedi à Douvres, ville côtière dans le sud de l'Angleterre où arrivent la plupart des migrants ayant traversé la Manche sur des embarcations clandestines, une fois qu'ils ont été arrêtés par les autorités britanniques.

Daniel Thomas mène selon les autorités françaises une branche "très radicale" de "Raise the colours", née d'une scission du groupe à la suite des mesures d'interdiction de territoire prises par le ministère de l'Intérieur.

Le compte principal de Raise the colours sur le réseau social X a indiqué samedi n'avoir "rien à voir" avec l'opération menée par Daniel Thomas.