L'anticancéreux Voranigo, nouveau moteur de croissance du laboratoire Servier: il surclasse le Daflon, pilier historique des ventes du numéro 2 de l'industrie pharmaceutique en France

Servier est porté par l'oncologie. Lors de l'exercice 2024/2025 clos fin septembre, le chiffre d'affaires du groupe a augmenté de 16,2%, dépassant l'objectif fixé à 6 milliards d'euros, pour atteindre 6,9 milliards d'euros de revenus, porté par les ventes en oncologie, où Servier est présent dans les cancers gastriques, du sang et des tumeurs solides.
Celles-ci ont progressé (+54,6% à 2,21 milliards d'euros), représentant désormais plus de 32% du chiffre d'affaires du groupe, contre plus de 24% lors de l'exercice précédent.
Cette accélération est portée par la performance de Voranigo, un médicament destiné au traitement d'une forme rare et difficile à traiter du cancer du cerveau qui affecte le plus souvent des sujets jeunes, lancé aux Etats-Unis en 2024.
"Premier produit du groupe"
Avec "quasiment 800 millions d'euros de chiffre d'affaires", Voranigo s'impose désormais comme "le premier produit du groupe" devant le veinotonique Daflon, pilier historique des ventes depuis 40 ans, encore en progression de 5% à 650 millions d'euros, a souligné Pascal Lemaire, vice-président exécutif Finance au cours d'une conférence de presse.
Dans ce contexte, les États-Unis, première filiale du groupe, enregistrent une croissance de 70% pour atteindre 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, "une performance exceptionnelle" principalement liée au succès de Voranigo, une thérapie ciblée dans le gliome de grade 2 qui a aussi été autorisée dans l'Union Européenne en septembre 2025, a-t-il ajouté.
Interrogé sur l'exposition de Servier au marché américain et sur l'impact de la pression sur les prix et les droits de douane, le groupe a précisé que ses médicaments commercialisés aux États-Unis, notamment ses traitements anticancéreux, y sont déjà produits.
"Nous sommes dans les maladies rares. Nous traitons peu de patients. Les volumes que nous devons produire sont faibles et ne permettent pas" d'investir dans la construction d'une usine américaine, a expliqué Pascal Lemaire.
Numéro un mondial dans le domaine de l'hypertension, Servier poursuit l'innovation dans les maladies cardio-métaboliques - son activité historique qui représente plus de 43% du chiffre d'affaires - en misant sur des combinaisons fixes de médicaments pour permettre aux patients de prendre leurs différents traitements en un seul comprimé.
Ambition en neurologie
L'entreprise gouvernée par une fondation affiche aussi son ambition de devenir un "leader reconnu" en neurologie, ciblant les épilepsies réfractaires, les troubles rares du mouvement et les maladies neuromusculaires.
À ce jour, huit projets de recherche et trois projets en développement figurent dans son réservoir de lancements potentiels à venir dans cet autre domaine jugé prioritaire.
Comme il l'a fait en oncologie, le groupe envisage "des partenariats sur des projets plus avancés ou des acquisitions qui nous permettraient d'acquérir des produits ayant des chances d'arriver sur le marché à l'horizon 2030", a souligné Claude Bertrand, vice-président exécutif Recherche & Développement.
Côté rentabilité, le bénéfice net a augmenté de 63,4% par rapport à l'exercice précédent pour atteindre 659 millions d'euros.
Ces résultats permettent à Servier de confirmer ses objectifs à horizon 2030, notamment un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros dont 4 milliards en oncologie, et lui apportent les ressources financières pour financer son portefeuille de médicaments en développement.
Ils sont le fruit de "la transformation du groupe qui a été initiée il y a dix ans" pour mettre le cap sur l'innovation et les maladies rares sans traitement, a souligné le président de Servier, Olivier Laureau, rappelant que près de 20% du chiffre d'affaires est réinvesti dans la recherche et le développement.
Le même principe s'appliquera aux revenus générés par la cession de sa filiale de médicaments génériques Biogaran, qui a obtenu "toutes les autorisations nécessaires permettant de clôturer la transaction très prochainement" avec le fonds BC Partners, a-t-il ajouté.












