Davantage de titres de séjour délivrés, les interpellations et expulsions augmentent aussi: ce qu'il faut retenir des chiffres de l'immigration en 2025
Les Français sont-ils très majoritairement pour une politique plus ferme sur l'immigration ? - Guillaume SOUVANT © 2019 AFP
Plus de 190.000 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés en France en 2025, soit une hausse de 30% par rapport à 2024, révèlent les derniers chiffres de l'immigration publiés par la direction générale des étrangers en France (DGEF) du ministère de l’Intérieur.
Les expulsions d'étrangers, dits "éloignements", ont augmenté de 15,7% par rapport à l'année précédente et sont à leur "niveau le plus haut observé depuis 2014", souligne la DGEF. 24.985 étrangers ont été expulsés en 2024, dont plus de 15.000 par des éloignements "forcés" alors que d'autres ont quitté le pays par une procédure d'éloignement "aidé" ou "spontané".
L’Algérie représente le premier pays d'accueil des étrangers expulsés (10%), mais les expulsions vers ce pays sont en baisse de 15% par rapport à 2024, année où le niveau était très élevé. Viennent ensuite le Maroc, la Tunisie, la Géorgie, la Roumanie ou encore l'Albanie.
Moins de régularisations, plus de titres de séjours
Du côté des régularisations des étrangers en situation irrégulière, les chiffres (28.610) sont à la baisse de 10%. Un impact direct de la circulaire Retailleau puisqu'il faut désormais justifier de sept ans de présence sur le territoire contre cinq auparavant, ou de trois années d’ancienneté pour les métiers en tension.
Les octrois de nouveaux titres de séjour (hors renouvellements) sont en revanche en hausse de 11,5% par rapport à 2024 avec 384.230 titres. Une augmentation qui s’explique notamment par la multiplication des titres pour motif "humanitaire". Les titres de séjour économiques sont eux à la baisse de 13%, tandis que le titre étudiant reste le premier motif d’attribution du titre de séjour.
Les titres de séjours sont en baisse pour les ressortissant des pays du Maghreb: 36.100 titres de séjour ont été délivrés à des Marocains (-2,3%), 28.000 à des Algériens (-4,6%) et 21.100 à des Tunisiens (-6,2%).
Les titres délivrés aux Afghans sont en revanche en hausse (18.000, +45,8%), principalement pour des raisons "humanitaires". 14.400 titres ont également été délivrés aux ressortissants ukrainiens (+306,4%) - une hausse "conjoncturelle" et liée aux nombreuses demandes d’asile faites en 2024.
Légère baisse des demandes d'asile
Du côté des demandes d'asile, une baisse de 3,7% a été enregistrée en 2025 avec 151.665 demandes, ce qui fait que "les demandes sont orientées à la baisse pour la deuxième année consécutive", a précisé à l'AFP Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF.
Les premiers pays de demandes en France ont été l'Ukraine, la RDC et l'Afghanistan (tous trois autour de 11.500 demandes), suivies d'Haïti, du Soudan et de la Guinée.
Le taux d'accord a atteint 52% l'an denier. "Plus d'une demande sur deux s'est vu attribuer l'asile", ce qui marque une très forte hausse sur un an: "on était plutôt autour de 40% il y a cinq ou six ans", a rappelé Guillaume Mordant.
Enfin 62.235 personnes ont acquis la nationalité française (-6,8% après une année "assez élevée"): cela s'explique par une baisse de 13,5% des acquisitions par décrets, dans le sillage d'une circulaire de mai durcissant les conditions d'octroi.












