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Deux motions de censure examinées à l'Assemblée ce mercredi, sans réelle chance d'être adoptées

BFM O.E avec AFP
Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale le 6 janvier 2026

Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale le 6 janvier 2026 - ADNAN FARZAT / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Au lendemain des manifestations d'agricoles qui ont gagné la capitale, l'Assemblée nationale examine ce mercredi deux motions censure déposées par La France insousmise et le Rassemblement national.

Les députés examinent ce mercredi 14 janvier deux motions de censure, déposées par LFI et le RN, dénonçant l'accord de libre-échange que l'Union européenne signera samedi avec les pays du Mercosur, au lendemain de nouvelles annonces du Premier ministre pour tenter d'apaiser la colère agricole.

Malgré l'opposition unanime de la classe politique à l'accord, ces deux motions n'ont guère de chance d'être adoptées, ni le PS ni LR ne souhaitant s'y associer.

Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure avait écarté dimanche un vote en faveur du texte, jugeant "absurde" de censurer le gouvernement au moment où le président de la République Emmanuel Macron a dit non au traité.

"Nous, on ne peut pas la voter, car les agriculteurs nous demandent de sécuriser certaines choses", c'est-à-dire le budget, a de son côté affirmé un responsable LR sous couvert d'anonymat.

"Loi d'urgence agricole"

Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a réaffirmé à plusieurs reprises mardi, alors qu'il se trouvait devant les grilles de l'Assemblée nationale avec des agriculteurs venus manifester en tracteur, le "besoin" pour le monde agricole d'avoir un budget - ce que l'adoption d'une motion de censure ne ferait que retarder.

Il a aussi réclamé une nouvelle loi d'urgence pour l'agriculture. Sébastien Lecornu a dans l'après-midi accédé à cette demande en annonçant pour le mois de mars une "loi d'urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production", et "un moratoire sur toutes les questions relatives" à la gestion de l'eau.

Sans donner entièrement satisfaction aux agriculteurs, qui ont décidé de passer la nuit de mardi à mercredi devant l'Assemblée, l'exécutif avait fait un geste en leur direction en s'opposant vendredi à la signature de l'accord avec le Mercosur - en vain, cette position étant minoritaire en Europe.

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Malgré le "non" d'Emmanuel Macron, LFI accuse le président d'avoir "laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne", voyant dans ses tentatives d'obtenir des contreparties des "artifices".

Le RN reproche à l'exécutif d'avoir échoué à faire barrage à l'accord en "n'utilisant pas tous les moyens de négociation à sa disposition". "Il n'est pas normal que la France, deuxième contributeur net au budget de l'UE, se fasse imposer un tel accord qui lui est si défavorable", jugent les députés d'extrême droite.

Le groupe GDR (communistes et ultra-marins) a annoncé mardi qu'il voterait la motion de censure de la France insoumise, jugeant que la position du président de la République n'a "pas toujours été très claire". Les écologistes, qui dénoncent un refus "de façade" et appellent la France à "saisir la Cour de justice de l'Union européenne pour contester l'application provisoire du traité", devraient faire de même.