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Budget 2026: les motions de censure de la gauche hors PS et du RN sur le volet "dépenses" rejetées, le projet de loi adopté à l'Assemblée

BFM Hugues Garnier et Matthieu Heyman avec AFP
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L'Assemblée nationale rejette les motions de censure déposées par LFI et le RN sur le volet "dépenses" du budget 2026 après le recours au 49.3 par Sébastien Lecornu. Le projet de loi de finances est désormais transmis au Sénat.

L'Assemblée nationale rejette ce mardi 27 janvier les motions de censure déposées par LFI et le RN sur le volet "dépenses" du budget 2026 après le recours au 49.3 par Sébastien Lecornu.

Le texte défendu par la gauche, hors-PS, a récolté 267 voix et celui par l'extrême droite 140. Des totaux inférieurs à la majorité absolue qui n'entraînent donc pas la chute du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le projet de loi de finances est par conséquent adopté par l'Assemblée nationale et transmis au Sénat.

"Pas d'alternatives crédibles"

Un peu plus tôt ce mardi, le Premier ministre a estimé, sur un ton offensif que "durant toutes ces 350 heures de débat, il n'y a pas eu d'alternatives crédibles" au projet budgétaire et regrette que celui-ci soir "attaqué et caricaturé. À la tribune de l'Assemblée nationale, le chef du gouvernement s'en est pris aux groupes politiques qui ne veulent pas "décider" et ne veulent pas "travailler à un compromis pour pouvoir accuser".

"Pour la première fois depuis longtemps, les chiffres disent une chose claire: la dépense ralentit réellement", a-t-il défendu, tout en affirmant la nécessité dans le futur de mener des "réformes de structures profondes" et de recentrer l'État sur "l'essentiel".

Invitant à "regard(er) plus loin", le chef du gouvernement a souhaité que les crédits militaires puissent atteindre "des niveaux proches de 90 à 100 milliards d'euros par an", contre 57 en 2026, alors que "nous changeons de monde".

Déjà ce vendredi, les députés avaient rejeté les motions de censure portées par La France insoumise et le Rassemblement national après le recours par le Premier ministre du 49.3 pour faire passer la partie "recettes" du budget de l'État sans vote des députés.

Le PS et le RN plaident la "stabilité"

Les oppositions ont une nouvelle fois dénoncé sur le plan de la méthode le choix du Premier ministre de recourir à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, en rupture avec la promesse faite en octobre devant le Parlement d'y renoncer.

Sur le fond, l'oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l'écologie "au tout dernier rang", pointant notamment l'"effondrement" du budget alloué au Fonds vert: dédié à accompagner localement la transition écologique, celui-ci a, selon elle, vu ses crédits fondre de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 850 millions d'euros en 2026. Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy a critiqué un budget qui va alourdir les impôts "d'au moins 9 milliards d'euros", tout en creusant la dette. Comme déjà vendredi, le PS et LR ont refusé de s'associer à ces motions, au nom de la "stabilité" et de la nécessité de doter la France d'un budget.

Le député LR Corentin Le Fur, saluant l'"humilité" et l'"écoute" de Sébastien Lecornu durant les débats, n'a cependant pas manqué d'égratigner un budget qui reste "largement imparfait", dans la mesure où il évite de s'attaquer suffisamment "au chantier fondamental de la réduction de notre dépense publique".

Le Sénat, qui examinera le texte jeudi, devrait le rejeter d'emblée, permettant son retour à rapide à l'Assemblée pour une lecture définitive. Le Premier ministre pourrait ainsi engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, s'exposant à deux dernières motions de censure, qui pourraient être rejetées le 2 ou le 3 février, fermant quatre mois de débats parlementaires sur le budget.