"Tout est illégal dans cette affaire": Sébastien Lecornu dénonce l'opération militaire américaine au Venezuela et appelle à une transition démocratique
Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 octobre 2025 à Matignon - STEPHANE MAHE / POOL / AFP
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a jugé mardi 6 janvier "illégale" l'opération militaire américaine au Venezuela, qu'il a aussi qualifiée "d'agression", en appelant à une "transition démocratique" après la capture de Nicolás Maduro.
"Tout est illégal dans cette affaire. Le régime de Nicolás Maduro, le cycle électoral de 2024, l'opération militaire américaine qui contrevient à la Charte des Nations Unies", a affirmé Sébastien Lecornu devant l'Assemblée nationale, en réponse à une question de la cheffe de file des députés écologistes Cyrielle Chatelain.
Il a appelé à une "transition démocratique" autour d'Edmundo Gonzalez Urrutia, l'opposant que la France considère comme avoir été élu président du Venezuela en 2024.
Une opération qui "contrevient" au droit international
Emmanuel Macron avait été critiqué, notamment par la gauche, sur sa première réaction samedi après l'opération américaine. Il s'était borné à appeler à une "transition pacifique" et "démocratique" au Venezuela, estimant que le peuple vénézuélien ne pouvait que se "réjouir" d'être "débarrassé" de la "dictature Maduro".
Auparavant, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait estimé que l'opération américaine "contrevient" au droit international.
Lundi, le président français a cette fois affirmé en Conseil des ministres que la "méthode utilisée" pour capturer le président vénézuélien n'était "ni soutenue ni approuvée" par la France.
Un débat "aura lieu" à l'Assemblée
Sébastien Lecornu a en outre promis aux groupes Insoumis et communiste qui le réclamaient qu'un débat "aurait lieu" au Parlement sur l'opération américaine.
"Si vous nous saisissez de ces sujets et si vous le confirmer, oui, un débat aura lieu, (...) je m'y engage", a affirmé le chef du gouvernement, en réponse au chef de file des députés communistes Stéphane Peu.
Interpellé également par la cheffe de file des députés Insoumis, Mathilde Panot, qui demandait que la France parle "d'une voix forte pour s'opposer à cet impérialisme forcené", Sébastien Lecornu a dit "avoir été clair sur l'agression et l'opération militaire menée par les États-Unis". Il a toutefois rappelé la "nature même" du régime de Nicolás Maduro "pratiquant la torture" et "la détention sans raison", sans "aucune séparation des pouvoirs".
Invitée sur BFMTV ce mardi matin, Mathilde Panot, dont le parti appelle au retour au Venezuela de Nicolás Maduro, a refusé de qualifier le régime Maduro de dictature.
Le Premier ministre a appelé les députés à s'"unir" sur les "valeurs" de la France, qui est "du côté de la Charte des Nations unies", "plutôt que de nous diviser sur une incompréhension", en redisant que la position de Jean-Noël Barrot était complémentaire de celle d'Emmanuel Macron.












