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Sébastien Lecornu ne se dit "pas favorable" à la suspension de la réforme des retraites, mais explique avoir "dû la proposer pour débloquer la situation"

BFM Hugo Capelli avec Camille Dubuffet
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Le Premier ministre s'est exprimé depuis le sommet Choose France de Paris, ce lundi 17 novembre, sur la récente suspension de la réforme des retraites par l'hémicycle. Si Sébastien Lecornu ne s'est dit "pas favorable" à celle-ci, il reconnaît néanmoins que le vote a permis de "débloquer la situation" vis-à-vis du budget.

"Le compromis n'est pas une fin en soi". Devant les entrepreneurs présents au sommet Choose France organisé à la Maison de la Chimie de Paris (Île-de-France) ce lundi 17 novembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu est revenu en détails sur la suspension de la réforme des retraites votée la semaine passée par les députés.

Un vote qui intervient, d'après le chef du gouvernement, dans un contexte de "crise politique beaucoup plus grave" alors que le budget pour 2026 n'est toujours pas fixé. Un vote que Sébastien Lecornu a défini comme étant un "compromis" et un gage de stabilité.

"Il faut arrêter de faire croire que tout ce qui est voté est complètement voté. Au moment où l'on se parle, le péril qui pèse sur l'économie française, c'est l'absence de budget. Ce qui peut se produire, c'est qu'il n'y ait pas du tout de budget. Avec toutes les incertitudes que cela peut suggérer", a-t-il notamment déclaré lors de sa prise de parole.

"Je ne suis pas dans la même situation que Bayrou ou Barnier", a ajouté Sébastien Lecornu.

"Culture du compromis"

Soulignant que la suspension de la réforme des retraites est un "compris" jugé nécessaire en l'espèce, mais que ce dernier "n'est pas une fin en soi", Sébastien Lecornu a assuré ne pas vouloir endosser "n'importe quoi" à l'avenir.

"À titre personnel, je ne suis pas favorable à la suspension des retraites. J'ai dû la proposer pour débloquer la situation. Ça doit nous faire réfléchir à la culture du compromis dans notre vie politique et sociale", a-t-il martelé pointant du doigt l'échec du conclave sur le sujet et le respect du "monde économique" pour la "démocratie".

Le Premier ministre a toutefois évoqué des réserves quant au fait de voir le vote sur les retraites aboutir à une suspension effective de la réforme. Pour lui, les "bons compromis sont faits dans les temps" et le vote du budget relève du contre-la-montre.

"Le vrai rendez-vous, c'est l'absence totale de budget au mois de décembre. C'est un scénario de crise qu'il faut documenter", a-t-il insisté.
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Au cours de sa prise de parole, le Premier ministre a également taclé la France insoumise en évoquant les échéances présidentielles à venir: "ceux qui ont réclamé, comme LFI, la fin du 49.3, sont dans un agenda cynique de brutalité et de désordre et font monter le sujet sur les ordonnances. Toujours de la tactique et jamais du fond, jamais du contenu, comme d'habitude. Des forces veulent qu'on n'y arrive pas".