BFM

"Cela ajouterait de la crise à la crise": pour Maud Bregeon, une démission de Sébastien Lecornu en cas de rejet du budget de la Sécu "n'aurait pas de sens"

BFM F.R. avec AFP
La porteparole du gouvernement Maud Bregeon, le 15 octobre 2024, à Paris

La porteparole du gouvernement Maud Bregeon, le 15 octobre 2024, à Paris - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

Télécharger la nouvelle app BFM
Après avoir adopté vendredi le volet recettes du budget de la Sécurité sociale, l'Assemblée nationale doit se prononcer mardi 9 décembre sur l'ensemble du texte, un scrutin qui s'annonce très incertain.

Une démission de Sébastien Lecornu, si le budget de la Sécurité sociale n'était pas adopté mardi, "n'aurait pas de sens", a assuré samedi 6 décembre au soir la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Cela n'aurait pas de sens, sinon il aurait engagé la responsabilité du gouvernement", en ne renonçant pas à l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution, a-t-elle déclaré dans La Tribune Dimanche.

"Cela ajouterait de la crise à la crise, de l'instabilité, et cela interromprait toutes les discussions budgétaires en cours", a-t-elle ajouté.

Le scrutin très incertain

Après avoir adopté vendredi le volet recettes du budget de la Sécurité sociale, l'Assemblée nationale doit se prononcer mardi sur l'ensemble du texte.

Le projet de budget de l'État est, de son côté, toujours en cours d'examen au Sénat, les sénateurs s'attaquant au volet des dépenses après avoir largement adopté la partie dédiée aux recettes.

Le scrutin de mardi sur le budget de la Sécu reste très incertain au vu des divisions, jusqu'au sein de la fragile coalition gouvernementale.

Mais Maud Bregeon se veut optimiste: "On peut y arriver. L'Assemblée a débattu plus de cent vingt heures sur ce texte. Le gouvernement aurait pu utiliser déjà par quatre fois le 49.3 et cela n'a pas été nécessaire. C'est déjà un résultat d'en être arrivé là".

"La droite incarne le sérieux budgétaire. On ne peut pas se permettre le vide budgétaire", a-t-elle ajouté concernant les hésitations des groupes Les Républicains et Horizons, qui se sont divisés vendredi sur la partie recettes.

"D'ici à 2027, notre réussite ne peut être que collective", a mis en garde Maud Bregeon alors que le patron d'Horizons Édouard Philippe, candidat à la présidentielle, a jeté un pavé dans la marre en annonçant, qu'"en l'état", son parti ne voterait pas le projet de budget de la Sécurité sociale.

De quoi potentiellement faire capoter son adoption malgré les nombreuses concessions au PS, dont la suspension de la réforme des retraites.

Ce fût "une concession douloureuse pour nous", a rappelé la porte-parole du gouvernement. "Désormais, pour que cette suspension s'applique concrètement dans la vie des Français, le budget de la Sécurité sociale doit être voté", a-t-elle martelé.