"Ça se jouera à une vingtaine de députés": après le recours au 49.3, Sébastien Lecornu confronté à deux nouvelles motions de censure
L'Assemblée nationale. - Geoffroy VAN DER HASSELT © 2019 AFP
Le gouvernement de Sébastien Lecornu échappera-t-il à nouveau à la censure? L'Assemblée nationale tranche cette question ce vendredi 23 janvier à partir de 9 heures, après le dépôt de deux motions de censure par LFI et le RN.
Après le "semi échec" de Sébastien Lecornu qui a tenté de faire adopter le budget en première lecture via un vote, ce dernier a estimé que le 49.3 était finalement "la condition pour avoir un budget", provoquant la colère de LFI et RN.
Et pour cause: le Premier ministre a brisé sa promesse lors de son allocution à la cour de Matignon, en octobre, celle "de renoncer au 49.3 de la Constitution". Celui qui voulait une "rupture" à son arrivée se retrouve désormais visé par les deux partis opposés de l'Hémicycle.
Un "budget de malheur" voté "en force"
À commencer par LFI, qui a indiqué le jour du recours au 49.3, le dépôt d'une motion de censure, annoncée par la cheffe des députés Insoumis Mathilde Panot sur X, celle-ci dénonçant un "budget de malheur" voté "en force".
"Contre ce budget et pour la dignité du Parlement, nous déposerons une motion de censure contre le gouvernement", avait écrit Mathilde Panot.
Deux heures plus tard, c'est au tour du Rassemblement national de déposer une motion de censure à l'encontre Sébastien Lecornu. Marine Le Pen, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, s'est empressée de condamner sur X des "annonces irresponsables" du Premier ministre "pour acheter le PS".
"Il est plus que temps que les députés qui ont prétendu diminuer les impôts et rétablir les comptes publics prennent enfin leurs responsabilités", a assuré celle qui est actuellement jugée en appel dans l'affaire dite des assistants parlementaires européens du Front national.
Éric Coquerel et Marine Le Pen défendront les motions
Les deux motions seront examinées ce vendredi matin, à partir 9 heures à commencer par celle de LFI, déposée en premier. Pour la prise de parole de LFI, ce sera le député et président de la commission des finances Éric Coquerel qui défendra la motion pendant une vingtaine de minutes.
La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, prendra ensuite la parole pour défendre la deuxième motion de censure déposée par son parti. Après une réponse du gouvernement, chaque groupe indiquera sa position sur le sujet, pendant 10 minutes, à la tribune.
À l'issue de ces prises de parole, le vote des deux motions se fera avec la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet qui annoncera le résultat des votes afin de savoir si Sébastien Lecornu sera censuré, ou non. La fin de l'examen des deux motions est prévue en fin de matinée, aux alentours de 12 heures.
De son côté, Sébastien Lecornu a tenté de justifier son choix. "La première mission du gouvernement est de donner un budget à la Nation", avait-il insisté, avouant avoir tranché avec "amertume" en faveur de cet outil constitutionnel.
"La majorité se jouera à une vingtaine de députés"
Mais quelles sont vraiment les chances que le gouvernement se fasse censurer? Selon un ministre, "la majorité se jouera à une vingtaine de députés. Cela reste fragile. Il faut aller de LR au PS, avec LIOT, et tous les groupes ne voteront pas d'une seule voix", a-t-il indiqué auprès de BFMTV.
Concernant Les Républicains, cette même source estime que "deux ou trois députés LR pourraient voter la censure" et que "le groupe LIOT ne devrait pas s'associer" à cette décision.
"On peut raisonnablement penser qu'il n'y aura pas de voix pour la censure au Modem ou chez Horizons, mais ce n'est pas possible de l'écarter complètement", a précisé ce ministre.
Et si le gouvernement tombe, ce dernier l'assure: "ce n'est pas nous qui assumerons une nouvelle tentative. La dissolution, dans ce cas, reste une option".













