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Jean-Philippe Tanguy estime qu'il vaut mieux "rester sous le régime de la loi spéciale" plutôt que de voter le projet de budget proposé

BFM Salomé Robles
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Le député RN de la Somme juge sur BFMTV-RMC que le projet de budget 2026, qui n'a pas été adopté en commission mixte paritaire députés-sénateurs, est une "catastrophe".

"Il vaut mieux rester sur la loi spéciale si c'est pour avoir le budget qu'on nous propose". Invité de BFMTV-RMC ce mercredi 24 décembre, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a dit préférer rester pendant un an sous le régime de la "loi spéciale", votée la veille et qui permet de continuer à financer provisoirement l'État, plutôt que de voter le projet de loi de budget 2026 actuel.

"Bien sûr qu'il faut un budget mais si c'est le budget qu'on nous propose, c'est une catastrophe", a estimé Jean-Philippe Tanguy, plaidant pour une "baisse de la fiscalité" et une "baisse des dépenses" de l'État.

Le Parlement a adopté ce mardi le projet de loi spéciale qui permet de continuer à financer provisoirement l'État, avant la reprise en janvier des débats pour l'adoption du budget 2026. Le projet de loi a été déposé par le gouvernement après l'échec de la commission mixte paritaire députés-sénateurs sur le projet de budget 2026.

Censure en cas de 49.3

Ce mercredi, Jean-Philippe Tanguy a aussi indiqué que les députés du Rassemblement national voteront une censure du gouvernement si ce dernier utilise le 49.3 pour faire voter ce budget 2026.

"Ils peuvent encore faire des économies, c'est tout à fait possible", a-t-il toutefois déclaré.

Si le Parlement ne parvenait pas à voter un budget en janvier, alors la pression serait de plus en plus forte sur le gouvernement pour recourir au 49.3, qui permet de faire adopter un texte sans vote, sauf donc motion de censure.

Pour Jean-Philippe Tanguy, "cet échec du budget, c'est l'échec du système". Il a notamment pointé ce qui était, selon lui, "les promesses qui avaient été faites aux Françaises et aux Français lors des dernières élections à savoir 'ne donnez pas le pouvoir au RN et on va s'arranger'". "On se rend bien compte que tout ce petit monde n'arrive pas à s'arranger", a-t-il ajouté, pointant notamment du doigt le Sénat, qui "n'a pas réussi à baisser les dépenses publiques".

Les parlementaires se retrouveront en début d'année

L'Assemblée, sans majorité, est fracturée depuis la dissolution de 2024 et, déjà l'an dernier, l'exécutif avait recouru à une loi spéciale après la chute du gouvernement de Michel Barnier. Les deux textes budgétaires 2025 avaient finalement été approuvés en février. Ce mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est dit "persuadé" que s'accorder sur un budget en janvier est "possible".

Le dialogue privilégié engagé par le locataire de Matignon avec le Parti socialiste a certes permis l'adoption du budget de la Sécurité sociale pour 2026, au prix de concessions sur son financement et sur les retraites. Mais les profondes divergences entre l'Assemblée et le Sénat, hostile à tout prélèvement supplémentaire, ont empêché l'approbation du second texte budgétaire, celui sur le financement de l'État.

La loi spéciale, qui reconduit temporairement le budget de 2025, permet de lever l'impôt et de payer les fonctionnaires, mais elle ne comprend pas de dépenses nouvelles.