Cyberharcèlement de Brigitte Macron: la décision sera rendue le 5 janvier 2026

Brigitte Macron à l'Élysée le 25 juillet 2023. - JULIEN DE ROSA / AFP
Alors que des peines de prison de trois à 12 mois avec sursis et des amendes allant jusqu'à 8.000 euros ont été requises ce mardi 28 octobre à Paris à l'encontre des dix cyberharceleurs présumés de Brigitte Macron, cible d'une infox mondiale la présentant comme une femme transgenre, la décision sera rendue le 5 janvier 2026.
Les réquisitions les plus lourdes ont été prononcées à l'encontre de trois prévenus: la médium Amandine Roy, le galeriste Bertrand Scholler et Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, désignés comme des "instigateurs" de l'infox, selon le procureur Hervé Tétier. Les sept autres ont été qualifiés par le magistrat de "suiveurs" qui se sont "laissés aller" depuis "leur canapé."
La médium, contre laquelle une peine de six mois de prison avec sursis assortie de 4.000 euros d'amende a été requise, avait été relaxée le 10 juillet dans un procès pour diffamation l'opposant à Brigitte Macron et son frère.
Principale prévenue dans l'affaire, elle est l'autrice d'une vidéo virale publiée en 2021 affirmant que Brigitte Macron n'aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel Trogneux aurait pris son identité après une transition de genre.
"Procès de la liberté d'expression"
C'est le "procès de la liberté d'expression", a plaidé de son côté Luc Brossollet, l'avocat d'Aurélien Poirson-Atlan contre lequel 12 mois de prison avec sursis et 8.000 euros d'amende ont été requis.
Plus tôt, il avait interrogé la fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, couverture de magazines people à l'appui, sur la "médiatisation outrancière" du couple présidentiel, justifiant ainsi les commentaires sur leur vie privée. Très attendue au second jour du procès devant une salle comble, Tiphaine Auzière a déploré la "dégradation des conditions de santé" de sa mère.
"Ce tourbillon (de messages) qui ne s'arrête jamais a un impact croissant sur (ses) conditions de vie", a détaillé l'avocate de 41 ans, ajoutant qu'elle en avait d'abord "sous-estimé l'ampleur". La femme du président est sur le "qui-vive" en permanence, de peur que son image ne soit "détournée", a-t-elle encore expliqué, en l'absence de sa mère à l'audience.
Quatre ans de messages haineux
Cette riposte judiciaire en France, doublée d'une plainte aux États-Unis, intervient après quatre ans de messages haineux mettant en doute le genre de la femme du chef de l'État, des messages largement relayés par les réseaux complotistes et d'extrême droite.
Le couple présidentiel a engagé cet été des poursuites contre Candace Owens, une Américaine autrice d'une série de vidéos vues plusieurs millions de fois, intitulée "Becoming Brigitte" ("Devenir Brigitte").
Plusieurs personnes jugées à Paris ont relayé les publications virales de l'Américaine, se réjouissant de voir "l'affaire Brigitte" s'internationaliser. La plupart des prévenus (courtier, professeur de sport ou encore informaticien...) ont exprimé leur surprise d'avoir à répondre de publications qu'ils ont qualifiées de "satiriques", relevant selon eux de la liberté d'expression.











