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"L'espoir que le pire soit passé": LVMH ouvre la saison des résultats avec un recul des ventes attendu mais veut tirer un trait sur 2025 (le millésime 2026 étant prometteur dans le luxe)

BFM Business Juliette Weiss avec AFP
Défilé Dior printemps-été 2026

Défilé Dior printemps-été 2026 - Julien De Rosa

Le numéro un mondial du luxe lance, ce mardi 27 mardi la saison des résultats annuels dans un contexte encore marqué par le ralentissement du marché. Après neuf mois en recul et un quatrième trimestre annoncé difficile, les analystes surveillent de près les signaux d’amélioration, notamment chez Louis Vuitton et Dior, tout en misant sur une reprise plus franche du secteur à partir de 2026.

Entre refonte créative chez Dior, dynamisme de Louis Vuitton en Asie et difficultés persistantes chez Möet-Hennesy, LVMH présente ses résultats annuels dans un environnement contrasté. Le leader mondial du luxe tente de convaincre les marchés que les décisions stratégiques prises en 2025 permettront un retour à la croissance dès l’an prochain.

Des signes d'amélioration malgré une année difficile

Lors de la publication des ventes du troisième trimestre, LVMH avait affirmé entrevoir "des améliorations de tendances". Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires était en recul de 4%, à 58,1 milliards d'euros.

La directrice financière du groupe, Cécile Cabanis, avait alors prévenu que "le quatrième trimestre serait plus difficile".

 Antoine Arnault et Delphine Arnault
Antoine Arnault et Delphine Arnault © BLANCA CRUZ

Selon le consensus d'analystes de Bloomberg, le chiffre d'affaires de LVMH en 2025 atteindrait 80,7 milliards d'euros, contre 84,7 milliards d'euros un an plus tôt.

La banque HSBC, dans une note publiée en novembre, ne tablait "que" sur une baisse de 3% au quatrième trimestre (hors effets de change) des ventes de "la division clé la plus rentable, la mode et la maroquinerie" (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi...). A noter que, sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires de la division avait baissé de 6%.

HSBC constate "l'enthousiasme des consommateurs à l'approche de la refonte créative de Dior et, plus encore de l'excellente dynamique de Louis Vuitton, en particulier en Asie."

La Chine et l'Asie comme moteurs potentiels

Selon une enquête de la banque UBS, les consommateurs chinois sont à nouveau sur une trajectoire positive, avec des ventes attendues en hausse de 6% en 2026, contre un recul de 5% en 2025.

The Louis, Louis Vuitton, Shangaï
The Louis, Louis Vuitton, Shangaï © Louis Vuitton

La division des vins et spiritueux (Moët, Hennessy, Cheval Blanc, Ruinart...) dont les ventes connaissent depuis un certain temps des vents contraires, pourrait avoir plus de mal à redémarrer notamment à cause des taxes douanières et de la baisse de consommation chez les jeunes.

Avec à la tête de Moët-Hennessy, Jean-Jacques Guiony, ancien directeur financier de LVMH, et Alexandre Arnault, un des fils du PDG de LVMH Bernard Arnault, "nous pensons que l'année prochaine sera encore consacrée à la restructuration d'une activité ayant perdu en efficacité", souligne HSBC.

En 2026, le numéro un mondial du luxe pourrait bénéficier d'une reprise du marché du luxe, estiment les analystes.

2026: le rebond du luxe?

La banque UBS déclare "aborder 2026 avec l'espoir que le pire soit passé" et HSBC se dit "convaincu que 2026 démarrera en force grâce à des offres plus attractives proposées par les marques et à une reprise des ventes, principalement tirée par les États-Unis et la Grande Chine".

Défilé Dior printemps-été 2026
Défilé Dior printemps-été 2026 © Julien De Rosa

Concernant LVMH, HSBC souligne "des signes d'amélioration chez Louis Vuitton" et pense que "2026 devrait être l'année d'un retour en force notable de Dior". Fin octobre, Delphine Arnault, PDG de Dior, s'est dite "très optimiste" pour l'avenir de cette maison de luxe.

"Il ne faut pas se focaliser sur le court terme. Ne pas penser au trimestre suivant, mais avoir au contraire une perspective à dix ou vingt ans". " a-t-elle précisé

Les analystes de HSBC apprécient également "la nouvelle rigueur en matière de coûts" au sein du groupe LVMH  et pensent "que les cessions d'actifs pourraient être la cerise sur le gâteau".