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Frappes symboliques, sanctions, négociations: ces options qui s'offrent à Donald Trump pour mettre l'Iran sous pression

BFM Vincent Gautier avec AFP
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Le président américain a affirmé vouloir venir en aide aux manifestants iraniens descendus dans la rue contre le régime et menacé Téhéran d'une intervention militaire. "La diplomatie est toujours la première option pour le président", a cependant indiqué ce lundi 12 janvier la Maison Blanche.

Depuis des jours, Donald Trump assure que les États-Unis sont "parés à intervenir" en Iran, à venir au "secours" des manifestants défiant le régime de Téhéran ou qu'ils sont "prêts à aider" l'Iran qui "veut la liberté". Les contours que pourrait prendre cette intervention américaine reste cependant encore à définir.

Lundi, Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, a encore déclaré que le président américain "gardait toutes les options sur la table" alors que la répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation, selon l'ONG Iran Human Rights.

• Des frappes ciblant les cadres du régime

Comme l'a affirmé Karoline Leavitt, "les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent" à Donald Trump. De telles frappes pourraient cibler des militaires et des cadres des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, à la tête de la répression des manifestations, estime Ray Takeyh, du cercle de réflexion américain Council on Foreign Relations. Selon lui, une intervention américaine pourrait "influencer les indécis à rejoindre ou non les protestations".

Un tel scénario serait risqué à plusieurs titres pour Washington. D'abord parce qu'il pourrait donner lieu à un conflit direct avec Téhéran. Les États-Unis s'exposeraient par exemple à des ripostes iraniennes visant des bases américaines à Bahreïn, au Qatar, en Arabie saoudite ou en Irak.

"Cela pourrait aussi bien faire le jeu de ce régime paranoïaque, ce qui renforcerait son unité et le pousserait à intensifier la répression", avertit Sanam Vakil, chercheuse au sein du centre de réflexion britannique Chatham House.

"Tenter de frapper les forces de sécurité dans toutes (l)es villes" où se déroulent des manifestations, "ou même dans les grandes villes d'Iran, représente plus que quelques frappes aériennes", souligne pour sa part Vali Nasr, professeur à l'université Johns Hopkins. Comme Donald Trump "ne veut probablement pas se salir les mains, une frappe symbolique pourrait davantage correspondre à ses intentions", juge-t-il.

• Des sanctions doublées d'attaques hybrides

Autre possibilité pour le président américain: viser le régime de Téhéran par de nouvelles sanctions économiques. Donald Trump a déjà commencé à emprunter cette voie puisqu'il a annoncé lundi que les pays faisant du commerce avec l'Iran seraient frappés de droits de douane de 25% par les États-Unis.

Ces sanctions pourraient se doubler d'attaques dites "hybrides", telles des cyberattaques, d'actes de sabotage ou d'actions clandestines, certaines possiblement menées de concert avec le Mossad israélien.

En la matière, le régime iranien ne serait pas complètement dépourvu de moyens pour répliquer. La contre-attaque sur le plan commercial pourrait prendre la forme d'une fermeture du détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman, en le bloquant avec des navires, voire en le minant.

C'est par ce détroit que transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide et un cinquième du commerce mondial de GNL (gaz naturel liquéfié), d'après les chiffres de l'Agence américaine de l'énergie.

• La diplomatie, "première option" pour Donald Trump

Karoline Leavitt l'a encore souligné lundi: la voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran. Elle constitue même toujours la "première option pour le président" des États-Unis.

D'après la porte-parole de la Maison-Blanche, Téhéran adopte un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff. "Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Le monde qui bouge - L'Interview : Iran, le régime sous pression maximale - 12/01
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Des négociations entre Américains et Iraniens pourraient porter entre autres sur le programme nucléaire iranien. Téhéran sait qu'il s'agit d'un sujet propice à calmer la colère de Donald Trump, le président américain ayant ordonné en juin dernier des frappes contre des sites nucléaires.

Reza Pahlavi, fils de l'ancien chah d'Iran et figure de l'opposition iranienne, mais également plusieurs membres du Parti républicain, ont toutefois exprimé leurs réticences et ont averti que la carte diplomatique ne ferait qu'offrir une bouée de sauvetage aux autorités iraniennes.