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Guerre en Ukraine: Emmanuel Macron, Keir Starmer et Volodymyr Zelensky signent une déclaration d'intention sur le déploiement d'une force multinationale en cas de cessez-le-feu

BFM M. H. avec AFP
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Selon Emmanuel Macron, cette force multinationale doit "apporter une forme de réassurance le jour d'après le cessez-le-feu" en Ukraine.

Les Européens ont affiché un front uni ce mardi 6 janvier à Paris, s'engageant à fournir des garanties de sécurité "robustes" à l'Ukraine, dont le déploiement dans le pays d'une "force multinationale" soutenue par les États-Unis, dans l'hypothèse encore lointaine d'un cessez-le-feu conclu avec la Russie.

La "Coalition des volontaires", qui regroupe les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens, du Canada, de l'Otan et de l'UE, s'est réunie dans la capitale française en présence des deux émissaires de Donald Trump sur l'Ukraine, Steve Witkoff et Jared Kushner.

Les garanties de sécurité sont "en grande partie finalisées"

Cette trentaine de dirigeants a abouti à la signature d'une déclaration d'intention conjointe sur "le déploiement d'une force multinationale après un cessez-le-feu" en Ukraine. Cette force, formée par les pays volontaires de la coalition, sera menée par les Européens et "soutenue" par les États-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française.

Ce déploiement devra apporter "une forme de réassurance, le jour d'après le cessez-le-feu", a détaillé Emmanuel Macron, saluant une "avancée considérable". Cette déclaration "reconnaît pour la première fois" une "convergence opérationnelle" entre cette coalition, l'Ukraine et les Etats-Unis, avec des garanties de sécurité "robustes".

Cette déclaration commune, signée près de quatre ans après le début de l'invasion russe en février 2022, intègre notamment des "mécanismes de surveillance" du cessez-le-feu placés sous "leadership américain", a détaillé Emmanuel Macron. Ce dernier a évoqué à nos confrères de France 2 "la potentialité" de déployer "plusieurs milliers d'hommes" en Ukraine "dans une force multinationale.

"Ce ne sont pas des forces qu'on engage au combat. C'est le jour d'après la paix, comment apporter une garantie de paix et de sécurité", détaille le chef de l'État, qui précise que "ce sera planifié dans le cadre de nos opérations extérieures".

Emmanuel Macron explique que l'armée française pourrait aussi "fournir des images et de l'observation (...), participer à la régénération de l'armée ukrainienne". Des dispositifs "de solidarité et d'intervention" en cas de nouvelle attaque russe sont également prévus, sans que l'on sache précisément à quel niveau les Américains s'impliqueraient dans cette hypothèse.

Les garanties de sécurité sont "en grande partie finalisées" et permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, "ce sera définitivement", a pour sa part salué Steve Witkoff.

"Il est important que la coalition dispose aujourd'hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles", a salué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, même si plusieurs questions "restent ouvertes" selon lui, comme celle, ultrasensible, des concessions territoriales exigées par Moscou.

L'ombre du Groenland et du Venezuela

Avant son départ pour Paris, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait néanmoins relevé les limites de cette déclaration d'intention, évidemment suspendue à la fin des hostilités via un accord de paix ou un cessez-le-feu.

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"Nous voudrions tous des mesures beaucoup plus concrètes (...), mais cela requiert de toute évidence de la bonne volonté du côté de l'agresseur russe également", avait-il souligné, alors que le Kremlin s'est systématiquement opposé à tout déploiement militaire occidental en Ukraine. Les contours opérationnels de la "force multinationale" restent d'ailleurs encore flous, d'autant que certains pays ont maintenu une certaine prudence sur leur contribution.

Comme l'Italie, qui a réitéré mardi son refus d'envoyer des soldats en Ukraine, ou encore l'Allemagne, dont les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, mais seulement dans un pays membre de l'Otan, voisin de l'Ukraine, selon le chancelier Friedrich Merz.

L'opération américaine au Venezuela et les déclarations de Donald Trump appelant à une main mise américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, ont aussi été au menu de la journée, même si les dirigeants européens ont évité de répondre aux questions des journalistes sur le sujet en présence des émissaires américains.

Nouvelle manifestation du jeu d'équilibriste diplomatique auquel ils s'astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain.

Les États-Unis ne sont pas membres de la Coalition des volontaires, créée en mars par la France et le Royaume-Uni pour apporter des "garanties de sécurité" à l'Ukraine dans le cadre d'un éventuel cessez-le-feu. Mais leur soutien à Kiev reste crucial, y compris pour convaincre les autres alliés de s'engager.