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Incendie de Crans-Montana: la version du couple Moretti sur la porte de service démentie par un salarié

BFM Maxime Brandstaetter, avec Juliette Moreau Alvarez
Cette photo montre l'entrée du bar Le Constellation, où un incendie s'est déclaré pendant les célébrations du Nouvel An dans la station de ski alpine de Crans-Montana, faisant environ 40 morts et plus de 100 blessés, à Crans-Montana, le 2 janvier 2026.

Cette photo montre l'entrée du bar Le Constellation, où un incendie s'est déclaré pendant les célébrations du Nouvel An dans la station de ski alpine de Crans-Montana, faisant environ 40 morts et plus de 100 blessés, à Crans-Montana, le 2 janvier 2026. - MAXIME SCHMID

Contacté par BFMTV, le salarié accusé par les propriétaires du Constellation d'avoir fermé une porte, piégeant ainsi certains clients, nie en bloc. S'il donne une version différente à BFMTV et aux enquêteurs, il assure toujours n'avoir jamais verrouillé la porte.

Une porte fermée au cœur des auditions. Dans le cadre des investigations sur l'incendie mortel du bar "Le Constellation" à Crans-Montana, les propriétaires Jacques et Jessica Moretti ont pu donner leur version des faits aux enquêteurs. Au milieu des conditions de sécurité, de la pose de la mousse acoustique au plafond ou encore de la présence de très jeunes dans le bar, une porte a également fait partie des interrogations.

La porte de service était fermée quand l'incendie s'est déclaré, piégeant vraisemblablement des clients. Une personne, Cyane Panine, a été retrouvée morte derrière la porte close. Les propriétaires ont assuré que la consigne était de "ne jamais fermer" cette porte et qu'un de leur salarié a "avoué que c'est lui qui l'avait fermé".

Toutefois, le salarié en question nie en bloc. Jérémie* assure à BFMTV avoir donné sa déposition au commissariat, dans laquelle il existe que la porte était déjà close.

"Je n'ai pas réussi à ouvrir la porte dix minutes avant l'incident. Je ne peux donc pas fermer une porte déjà fermée. Les caméras le confirment", a-t-il répondu.

Et d'ajouter: "je n'ai pas réussi à l’ouvrir, un autre serveur l'a ouverte pour faire sortir le client qui voulait téléphoner."

Ce soir-là, Jérémie a indiqué aux forces de l'ordre dans sa déposition qu'il travaillait dans un autre établissement du couple Moretti et est venu au Constellation pour apporter des glaçons. Il en a ensuite profité pour prendre un verre.

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Le salarié nie, mais donne deux versions différentes

Toutefois, sa version donnée aux enquêteurs diffère de celle qu'il a donnée à BFMTV. Dans sa déposition du 2 janvier dernier que BFMTV a pu consulter, le salarié indique qu'un client "a demandé à sortir pour fumer". "Je l'ai fait sortir par-là", a-t-il alors déclaré, même s'il "a eu de la peine à ouvrir" la porte.

Jérémie a ensuite raconté qu'il est retourné boire son verre. "Je ne sais pas si mon collègue a refermé la porte derrière ou pas. (...) Si personne n'est intervenu pour la refermer, elle a dû rester ouverte."

Mais si le couple de propriétaires assure avoir donné pour instruction constante de laisser la porte ouverte, pourquoi le salarié n'a-t-il pas réagi en rencontrant la porte fermée? Dans son audition, Jérémie suppose que "vu que la sécurité filtrait les entrées, je pensais que c'était pour que tout le monde passe par la même porte et faciliter le travail de la sécurité."

"Quand je travaille à cet endroit, mon poste de travail ne me permet pas d'avoir la vue sur cette porte, donc j'ignore si elle est verrouillée ou non d'habitude. Je ne pense pas qu'elle est verrouillée d'habitude", poursuit-il.

Même si sa version varie, il y a un élément sur lequel il reste ferme: il assure que ce n'est pas lui qui a fermé cette porte et contredit directement la version des propriétaires du bar qui prétendent qu'il aurait avoué avoir verrouillé la porte avec le loquet.

Jacques Moretti, quant à lui, a affirmé que Jérémie se sentait coupable et avait songé à fuir. "Je lui ai envoyé un message en lui disant que peu importe son geste, il ne fallait pas fuir, il fallait rester ici et assumer sa responsabilité, pour que la justice soit faite."

*Le prénom a été modifié.