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Femme tuée par un agent de l'immigration à Minneapolis: une vidéo fait surface et contredit la version de l'administration Trump

BFM Louis Verdoux
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Le monde selon Trump
La séquence a été prise par le téléphone de l'agent de l'immigration américaine qui a tué une femme dans sa voiture, mercredi 7 janvier, provoquant une onde de choc aux États-Unis et des manifestations massives.

La fracture entre l'administration Trump et les populations locales risque de s'intensifier. Ce vendredi 9 janvier, le vice-président américain a republié une vidéo de la fusillade Minneapolis (Minnesota), où un agent de l'immigration américaine, appelée l'ICE, a abattu une femme au volant de sa voiture.

Et ce nouvel angle de vue, tiré du téléphone portable de Jonathan Ross, l'agent auteur du tir mortel, selon Reuters, semble mettre à mal les thèses de "légitime défense" ou d'"assaut organisé" contre les forces de l'ordre, martelées par le vice-président JD Vance ou encore la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt.

"C'est bon mec, j'ai rien contre toi"

Dans cette vidéo de 47 secondes, obtenue par le média conservateur Alpha News, on peut observer Jonathan Ross sortir de sa voiture et se diriger vers celle de Renee Good, 37 ans. Alors que l'agent s'avance, la conductrice recule de quelques mètres et l'invective: "c'est bon mec, j'ai rien contre toi."

Ce dernier se met alors à filmer sa plaque d'immatriculation, avant d'être interpellé par la femme de Renee Good, Becca, qui lui assure: "on ne change pas nos plaques tous les matins, vous savez. Ce sera la même plaque quand vous viendrez nous parler plus tard. Tout va bien, citoyenne américaine." Avant de poursuivre: "tu veux t'en prendre à nous? Je te conseille d'aller chercher un morceau, mon grand".

Face à cette situation tendue, un collègue de Jonathan Ross demande alors à Renee Good de "sortir du véhicule", ce qu'elle refuse de faire. On peut la voir démarrer en trombe, tout en braquant les roues pour, semble-t-il éviter le policier. Ce dernier, après avoir crié "Wow", effectue son tir. Un "putain de salope" peut-être entendu alors que le véhicule finit sa route dans un arbre.

Les autorités locales dénoncent un blocage du FBI

Le vice-président JD Vance a reposté la séquence sur son compte X, soutenant que "la réalité, c'est que sa vie (celle de l'agent NDLR) était en danger et qu'il a tiré en état de légitime défense".

Un narratif largement contredit par les témoins de la scène et les autorités locales. Alors que Kristi Noem, secrétaire d'État à la Sécurité intérieure américaine, avait parlé d'un acte de "terrorisme domestique", discours qualifié de "foutaises" par Jacob Frey, le maire de Minneapolis a exhorté les agents de l'ICE à "dégager de la ville".

De même, les autorités du Minnesota ont annoncé vendredi l'ouverture de leur propre enquête criminelle, après que certains responsables des forces de l'ordre de l'État ont déclaré que le FBI refusait de coopérer avec les enquêteurs de l'État, bloquant l'accès aux preuves et aux entretiens avec les témoins.

Tous les soirs dans Le Titre à la Une, découvrez ce qui se cache derrière les gros titres. Zacharie Legros vous raconte une histoire, un récit de vie, avec aussi le témoignage intime de celles et ceux qui font l'actualité.
Violences, rafles, mort d’une femme: la police de l’immigration américaine est-elle incontrôlable?
19:17

De leur côté, les autorités américaines, incluant JD Vance, ont rejeté l'idée qu'un agent fédéral puisse faire l'objet de poursuites pénales au niveau de l'État. Un argument opposé par Mary Moriarty, la procureure en chef du comté de Hennepin à Minneapolis, qui assure "avoir compétence pour prendre cette décision".

Ce drame a provoqué une onde de choc aux États-Unis, ravivant les critiques de la population sur les interventions musclées voire brutales de la police de l'immigration. Des centaines de milliers de manifestants ont marché dans le pays, de New York à Los Angeles, pour s'indigner de la mort de Renee Good.