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Une première "longue conversation" entre Donald Trump et la présidente par intérim vénézuélienne pour une "nouvelle ère"

BFM A. La. avec AFP
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Le monde selon Trump
Une conversation entre Delcy Rodriguez et Donald Trump marque selon la présidente par intérim vénézuélienne le début d'une "nouvelle ère" entre les deux pays.

Donald Trump et la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez ont tous les deux annoncés ce mercredi 14 janvier avoir eu une "longue conversation" -la première rendue publique depuis la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier-, le début d'une "nouvelle ère" selon elle.

Le président américain, qui a annoncé à plusieurs reprises qu'il allait gérer le pétrole vénézuélien, a assuré que les États-Unis "travaillaient très bien" avec la nouvelle dirigeante -ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro -, qu'il a qualifiée de "personne formidable".

"Nous faisons des progrès considérables en contribuant à la stabilisation et au redressement du Venezuela. De nombreux sujets ont été abordés, notamment le pétrole, les minerais, le commerce et, bien sûr, la sécurité nationale. Ce partenariat entre les États-Unis d'Amérique et le Venezuela sera spectaculaire pour tous. Le Venezuela sera bientôt à nouveau grand et prospère, peut-être plus que jamais auparavant!", s'est emballé le président américain.

Donald Trump recevra ce jeudi l'opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado. Le président américain a laissé entendre que l'opposante, écartée jusqu'ici par Washington pour prendre des responsabilités dans son pays, pourrait lui remettre sa distinction. De son côté Delcy Rodriguez a parlé d'un appel "long, productif et courtois", quelques minutes après que le président américain l'eut rendu public.

"Nous avons abordé un agenda de travail bilatéral au bénéfice de nos peuples, ainsi que des questions en suspens dans la relation entre nos gouvernements", a-t-elle indiqué.

"Son passeport est périmé"

Delcy Rodriguez, son frère Jorge Rodriguez président de l'Assemblée nationale et le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello, le 'triumvirat' réunissant les trois personnes les plus puissantes du pays, se sont présentées devant la presse au palais présidentiel mercredi.

Le Venezuela "s'ouvre à une nouvelle ère politique. Une ère qui permet la compréhension malgré les divergences et à travers la diversité idéologique et politique", a notamment évoqué la présidente.

Alors que des journalistes l'interrogeaient sur un éventuel voyage à Washington ou en Colombie, son frère Jorge a alors lancé sous forme de boutade: "Son passeport est périmé."

Delcy Rodriguez a également indiqué que les libérations de prisonniers politiques se poursuivaient, annonçant 406 personnes libérées depuis décembre, et assurant qu'il s'agissait d'un processus entamé par le président déchu Nicolás Maduro avant sa capture.

Toutefois, la plupart des analystes estiment que la mesure fait partie d'une série de concessions faites au président Trump. Nuançant depuis le début du processus les chiffres officiels, l'ONG Foro Penal a recensé 72 libérations, alors que proches et ONG parlent de libérations au compte-gouttes.

Des figures de l'opposition comme Roland Carreno ont certes retrouvé leur liberté mercredi. Le syndicat de la presse SNTP évoquait à 17H30 GMT 17 libérations, parmi lesquels des journalistes texte et vidéo, des assistants et des membres des équipes de presse au sein de l'opposition. Elles s'ajoutent à celles de citoyens américains annoncées la veille par le département d'Etat américain.

Des ONG considèrent que plus de 800 prisonniers politiques croupissent dans les geôles du pays.

"Enfin libre"

L'opposant Roland Carreño, journaliste, avait été détenu entre 2020 et 2023 sur des accusations de "terrorisme", puis de nouveau arrêté en août 2024 pendant la crise ayant suivi la réélection contestée de Nicolás Maduro à la présidentielle.

Les autorités évitent les libérations directement devant les prisons, alors que des dizaines de proches sont postés aux portes des établissements pénitentiaires dans l'espoir de voir leurs proches sortir.

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Les détenus sont transférés ailleurs pour leur libération, loin des caméras. Roland Carreño a ainsi été remis en liberté dans un centre commercial. D'autres dirigeants, comme l'ancien candidat à la présidentielle Enrique Marquez, avaient été conduits jusqu'à leur domicile.

"Enfin libre et dans l'attente des événements à venir, qui ne doivent être autres que rencontre, paix, réconciliation", a déclaré Roland Carreño dans une vidéo sur les réseaux sociaux. "Il reste encore beaucoup de gens en prison, a-t-il insisté.

Roland Carreño a été un proche collaborateur de l'ancien dirigeant de l'opposition, Juan Guaido. Auparavant, il était commentateur dans une émission sur la chaîne d'information Globovision.

X de nouveau accessible

Un responsable du département d'État américain, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, a qualifié mardi la libération d'Américains de "pas important dans la bonne direction de la part des autorités intérimaires", sans donner de chiffre.

Des citoyens espagnols et italiens ont également été libérés ces derniers jours. Les États-Unis avaient déjà obtenu la libération de certains de leurs ressortissants dans le cadre d'un accord avec Nicolás Maduro l'an dernier.

Au Venezuela, les citoyens ont retrouvé mardi soir l'accès au réseau social X, bloqué pendant plus d'un an par le président déchu Maduro, a constaté l'AFP. L'accès au réseau restait chaotique mercredi.