Qui est Tom Homan le "tsar des frontières" envoyé par Donald Trump dans le Minnesota pour "apaiser" les tensions?

Pour apaiser les tensions, l'administration Trump décide d'envoyer dans le Minnesota... L'architecte des méthodes brutales de la police anti-immigration. Donald Trump a annoncé ce lundi 26 janvier sur son réseau social Truth avoir missionné son conseiller spécial Tom Homan dans cet État du nord du pays endeuillé par les morts de Renée Good et Alex Pretti, tués par la police fédérale de l'immigration (ICE).
"J'envoie Tom Homan dans le Minnesota ce lundi soir. Il n'a pas été impliqué dans cette zone, mais il connaît et apprécie beaucoup de gens là-bas. Tom est sévère mais juste et il me rendra compte directement", a-t-il écrit.
Cette annonce intervient alors que Donald Trump cherche à faire redescendre la tension après plusieurs journées de manifestations contre l'ICE et de déclarations d'hostilité du gouverneur de l'État Tim Walz et du maire de Minneapolis, Jacob Frey. Ce dernier a annoncé que des agents des services fédéraux déployés dans sa ville allaient commencer à la quitter dès ce mardi.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré sur X que Tom Homan "dirigera les opérations de l'ICE sur le terrain dans le Minnesota afin de continuer à arrêter les pires criminels étrangers en situation irrégulière."
Tom Homan doit superviser l'action de l'ICE dans le Minnesota en lieu et place du commandant itinérant de la police aux frontières Gregory Bovino, visage de la répression féroce de ces derniers jours à Minneapolis. Pourtant, ce remplaçant parachuté depuis la Maison Blanche n'est pas moins extrémiste.
Une carrière passée à gravir les échelons
Cet homme âgé de 65 ans est originaire du nord de l'État de New York, près de la frontière avec le Canada. Issu d'une famille de policiers, il a enfilé à son tour l'uniforme.
À 23 ans, il s'est écarté du destin familial et a quitté le poste de police local pour rejoindre le Service des douanes et de la protection des frontières où il a fait ses débuts comme agent de la police aux frontières avant de gravir les échelons.
Il est promu directeur adjoint au sein de la police aux frontières par Barack Obama en 2013. Il propose de séparer les familles d'étrangers illégaux, en expulsant les adultes sans leurs enfants. Cette option est alors rejetée.
Quatre ans plus tard, en 2017, sous le premier mandat de Donald Trump, Tom Homan occupe la fonction de directeur de l'ICE par intérim et se targue d'avoir augmenté en quelques mois de 38% le nombre d'arrestations.
Le haut gradé applique avec zèle la politique de tolérance zéro souhaitée par le président, y compris les cruelles séparations des parents migrants à la frontière mexicaine avec leurs enfants. Il parachève sa carrière en étant nommé officiellement directeur de l'agence fédérale, un poste qu'il quitte à peine sept mois plus tard pour devenir chroniqueur sur la chaîne de télévision Fox News.
"Il n'y a pas meilleur que lui"
Il prend activement part à la rédaction du programme de Donald Trump sur la lutte contre l'immigration. CNN rappelle qu'il avait admis dans un entretien télévisé que la campagne de déportation massive promise par son candidat impliquait de mener des arrestations ciblées tout en minimisant la pratique. "Il ne s'agira pas de grandes rafles dans des quartiers. J'ai tout lu à ce sujet, c'est ridicule", avait-il déclaré.
Quelques heures après l'accession au pouvoir de Donald Trump pour son second mandat, le chef de l'État a rappelé Tom Homan et en a fait son "tsar des frontières", un terme informel permettant de nommer un haut-responsable fédéral sans obtenir l'approbation du Sénat.
Donald Trump explique alors sur Truth Social qu'il est chargé de "toutes les expulsions d'étrangers illégaux vers leur pays d'origine" ajoutant qu'il le connaît personnellement et qu'"il n'y a personne de meilleur que lui pour surveiller et contrôler nos frontières."
Une affaire de pot-de-vin écartée par Trump
Son profil de policier intègre a été écorné ces derniers mois par une affaire révélée par MSNBC selon laquelle il aurait monnayé de juteux contrats gouvernementaux, arguant de sa proximité avec le clan Trump.
Alerté, le FBI a alors monté une opération à l'automne 2024. Des agents entrent en contact avec le sexagénaire qui leur promet d'obtenir des contrats en échange du versement d'une somme de 50.000 dollars en cash. La scène filmée permettra à la justice d'ouvrir une enquête pour corruption. Le ministère de la Justice, après l'investiture de Trump, a décidé de clore l'enquête.
Lors de la première année de mandat de Donald Trump en 2025, il se manifeste à de rares reprises comme lorsque des juges tentent de faire obstacle à la déportation de Vénézuéliens accusés d'appartenir à des gangs.
"Nous allons faire de notre pays une nation plus sûre. Je suis fier de faire partie de cette administration. Nous n'allons pas nous arrêter. Je me moque de ce que les juges ou la Gauche pensent. Nous continuons", avait-il déclaré à Fox News.
Jusqu'à maintenant, Tom Homan s'était fait plutôt discret alors que la secrétaire américaine à la sécurité intérieure, Kristi Noem, prenait toute la lumière. Les deux figures du camp trumpiste se livrent à une lutte d'influence acharnée.
Politico explique que la secrétaire à la Sécurité intérieure s'est concentrée sur le nombre brut d'expulsions, là où Homan défend une approche plus ciblée des expulsions, axée sur la détention et l'éloignement des immigrants clandestins ayant un casier judiciaire.













