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Cibles proposées, renseignements israéliens, diplomates saoudiens... Donald Trump va-t-il frapper l'Iran? Les coulisses de sa décision racontées par les médias américains

BFM Emilie Roussey
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Le monde selon Trump
Alors que Donald Trump poursuit ses menaces à l'encontre de Téhéran, le président américain n'a pas encore pris de décision quant à une éventuelle intervention militaire. Plusieurs options sont toujours sur la table, selon les médias américains.

Donald Trump va-t-il mettre à exécution ses menaces contre l'Iran? Le président américain a averti mercredi 28 janvier sur son réseau Truth Social que le "temps était compté" avant une éventuelle intervention américaine, qu'il annonce "bien pire" que celle menée contre des sites nucléaires iraniens en juin dernier.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de 's'asseoir à la table' et de négocier un accord juste et équitable" sur le nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau social, quelques semaines après avoir déjà menacé l'Iran d'intervention face à la répression sanglante des manifestations.

En réponse, l'Iran a dit avoir "le doigt sur la gachette" et s'est dit prêt à répondre à toute attaque américaine, tout en répétant être prêt à un accord "juste et "équitable" sur le nucléaire.

Plusieurs cibles envisagées

Si Washington a déjà déployé des forces militaires navales dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln, le président américain n'a pas encore pris sa décision sur une éventuelle intervention, affirment plusieurs sources à Reuters.

Deux sources américaines expliquent à l'agence de presse que Donald Trump étudie la possibilité de créer les conditions d'un "changement de régime" à Téhéran. Pour cela, la Maison Blanche envisage de bombarder des dirigeants iraniens et les forces de sécurité responsables de la répression des manifestations en espérant relancer ainsi le mouvement de contestation populaire, et encourager les manifestants à s'en prendre aux bâtiments du gouvernement.

Autre option militaire sur la table, celle de frappes de plus grande ampleur ciblant des sites de lancement de missiles balistiques de Téhéran et son programme nucléaire.

Mais pour plusieurs responsables arabes et occidentaux, une intervention militaire pourrait avoir l'effet inverse, et finir de démobiliser les manifestants sous le choc de la répression qui a fait plusieurs milliers de morts.

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"Pour renverser le régime, il faut envoyer des troupes au sol"

Des responsables des services de renseignement israéliens et saoudiens sont justement à Wahington cette semaine pour discuter de ce sujet, indique Axios. Selon les informations du site, les premiers ont proposé une liste de cibles à Washington.

Mais d'après un haut responsable isaélien, le régime israélien estime que des frappes ne suffiraient pas à faire tomber le régime iranien.

"Pour renverser le régime, il faut envoyer des troupes au sol", a-t-il avancé auprès de Reuters, soulignant que même si le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, était éliminé, Téhéran le remplacerait aisément.

Seule une combinaison de pressions extérieures et d'une opposition interne organisée pourrait produire un résultat, a ajouté ce même responsable.

La diplomatie écartée?

Les responsables saoudiens en déplacement à Washington cherchent de leur côté à éviter un conflit armé qui pourrait embraser la région et plaident pour une solution diplomatique.

Selon l'agence de presse officielle saoudienne SPA, le prince héritier Mohammed ben Salmane a d'ailleurs déclaré au président iranien Massoud Pezeshkian que Ryad n'autoriserait pas les États-Unis à utiliser son espace aérien pour mener d'éventuelles frappes.

Si la voie de la diplomatie n'est pas écartée, elle n'est pas facilitée: des responsables américains indiquent auprès d'Axios que Téhéran ne semble pas intéressé par un accord basé sur les conditions exigées par Washington, quand un responsable iranien estime auprès de Reuters que les États-Unis ne semblent pas disposés à négocier.

L'Iran "se préparait à une confrontation militaire, tout en utilisant les voies diplomatiques" pour l'éviter, résume cette source.

Une décision "dans les prochains jours"

Selon CNN, aucune négociation directe et sérieuse n'a eu lieu entre les deux pays ces derniers jours. "Nous sommes ouverts au dialogue comme on dit, donc s'ils veulent nous contacter et qu'ils connaissent les conditions, nous entamerons la discussion", assure pourtant un responsable américain à la chaine, sans donner de détails sur ces conditions.

Selon d'autres sources, Washington exige notamment un arrêt définitif de l'enrichissement d'uranium et des restrictions sur le programme de missiles balistiques iraniens. Des conditions refusées par Téhéran, plaçant les deux parties dans une impasse.

Un responsable américain indique à Axios que le président américain "prendra une nouvelle décision dans les prochains jours". En attendant, "la consigne actuelle est de se préparer".