Elle va être métamorphosée en un édifice vitré avec hôtels, commerces et services: la Tour Montparnasse sera vidée de ses occupants et fermée au public à partir du 31 mars

Après des années d'attente, la renaissance de la Tour Montparnasse se dessine. L'édifice sera vidé de ses occupants et fermé au public le 31 mars prochain, avant de vastes travaux de rénovation qui devraient débuter mi-2026, a indiqué mercredi Frédéric Lemos, porte-parole de NRS (holding immobilière de Xavier Niel), l'un des copropriétaires de la Tour, lors d'une réunion à l'Hôtel de Ville de Paris.
"Les copropriétaires ont voté, le 19 décembre, à 99,5% une décision autonome de fermer la tour au public au 31 mars, après que les deux préfectures d'Île-de-France et Paris ont suggéré d'accélérer" le projet de rénovation, a-t-il déclaré.
Dans un courrier du 14 novembre, les deux préfectures avaient demandé "la fermeture rapide du bâtiment au public" en raison notamment de présence d'amiante, et ce "au plus tard au début de l'année 2026", afin de lancer les travaux "après l'été 2026".
Le centre commercial en 2028
L'édifice de bureaux de 210 mètres de haut doit être métamorphosé en tour vitrée, accueillant un hôtel, des commerces et des services, et surmonté d'une serre agricole. Un projet d'un coût d'un peu plus de 600 millions d'euros (même 749 millions d'euros TTC comme l'avait révélé Le Figaro), qui devrait être réalisé en quatre ans. L'immeuble de bureaux "CIT", tout proche, doit aussi être rénové. Ses travaux commenceront aussi cette année, pour au moins deux ans.
Quant au centre commercial et à la dalle qui lie les différents bâtiments de cet îlot, ils seront déconstruits à 18% pour recréer un "espace ouvert, traversant, vivant, végétalisé", selon la mairie de Paris. Les travaux sont, cette fois, espérés pour l'année 2028. La Ville et les opérateurs privés viennent à ce titre de signer un protocole d'engagement, avec l'appui de la droite. Les coûts seront là aussi de "plusieurs centaines de millions d'euros", financés exclusivement par les copropriétaires, à l'exception des aménagement urbains portés par la ville de Paris (rues du Départ, de l'Arrivée, place du 18 juin 1940).
De nouveaux immeubles et une place centrale
De nouveaux immeubles "aux dimensions haussmanniennes" verront également le jour autour d'une place centrale et abriteront commerces, bistrots, services, bureaux, logements étudiants, ainsi que des "toitures sportives". L'architecte Renzo Piano, lauréat 1998 du prix Pritzker, qui a pensé le projet avec son agence RPBW, a voulu rester dans la "sobriété".
"On garde la matrice du bâtiment, on coupe là où il faut couper pour ouvrir, mais pas trop", a déclaré l'architecte de 88 ans, qui a co-façonné le Centre Pompidou. Le "rez-de-chaussée est essentiel" pour lui et se veut ouvert et transparent sur les rues alentours.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'est quant à elle réjouie de l'avancée concrète du projet. "Le centre commercial déclinait d'année en année (...) ce n'était plus acceptable, ce n'était pas possible que je laisse - pardonnez-moi l'expression - cette verrue à mes successeurs", a-t-elle affirmé.
La tour Montparnasse est détenue par un peu moins de trente investisseurs, dont le plus important est LFPI (La Financière Patrimoniale d'Investissement). L'entreprise Séché Environnement, l'assureur Axa, la mutuelle MGEN ou encore l'homme d'affaires Xavier Niel, via sa société NRS représentée par Frédéric Lemos, font aussi partie des copropriétaires. Une trentaine de copropriétaires détiennent le centre commercial et sa dalle. Le CIT était détenu par plus de 150 copropriétaires en 2015, un nombre qui a été réduit depuis.












