"L'Europe doit se réveiller!": le gouverneur de la Banque de France appelle les Européens à "se retrousser les manches" face aux États-Unis et à la Chine et défend l'intérêt de l'accord UE-Mercosur

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a appelé samedi l'Europe à "se réveiller", déplorant par ailleurs que le déficit public sur lequel repose le budget 2026 ne soit pas inférieur à 5% du PIB.
Le gouverneur, qui avait déjà estimé que la France "se mettait en danger" si son déficit public dépassait encore 5% du PIB cette année (après 5,4% l'an dernier) déclare dans une interview à Ouest-France "qu'il va falloir effectivement respecter" les 5% inscrits dans le budget qui devrait être définitivement adopté la semaine prochaine.
"J'aurais souhaité une réduction plus forte", regrette François Villeroy de Galhau.
Après le recul du président américain Donald Trump cette semaine sur l'instauration de nouveaux droits de douane contre plusieurs pays dont la France, le gouverneur juge que c'est "tant mieux quand certaines menaces inacceptables sont retirées". "Pour autant, ajoute-t-il, (...) l'Europe doit prendre davantage en main son destin économique pour réduire sa dépendance" vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.
L'Europe "doit être capable de créer un rapport de force pour se défendre. Mais surtout, elle doit se réveiller!", ajoute le gouverneur de la Banque de France, invitant à "moins parler de M. Trump", et à "se retrousser les manches pour mobiliser les atouts" européens, à "agir plus vite, plus clair, plus fort", à "muscler l'Europe".
"Le traité n'est pas responsable" de la crise agricole
Interrogé sur la saisine par le Parlement européen de la Cour de justice de l'UE au sujet du traité de libre-échange avec le Mercosur, François Villeroy de Galhau reconnait qu'il y a "une crise" dans certaines filières agricoles.
Mais "le traité n'est pas responsable de cette crise, et ne pas le signer ne serait pas un remède", estime-t-il, remarquant qu'il "peut même bénéficier à l'industrie française, et à d'autres filières agricoles comme les produits laitiers".
De plus, "face aux pressions américaine et chinoise, c'est l'intérêt de l'Europe de nouer d'autres alliances", selon lui.
Enfin, questionné sur la forte épargne des Français, près d'un cinquième de leur revenu disponible, le gouverneur suggère de leur "donner le maximum de choix avec des produits à horizon long, comme les Plans épargne retraite, ou des produits davantage fléchés vers les fonds propres des entreprises, comme les actions". "Dans la durée, elles rapportent plus que le livret A ou l'assurance-vie en euros", remarque-t-il.












