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"Il n'est pas justifié depuis le début": la CGT va constester devant la justice le plan social d'Arcelormittal qui prévoit 600 suppressions de postes

BFM Business P.L. avec AFP
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Dénonçant des irrégularités dans la procédure, le syndicat va déposer un référé suspension et un recours en annulation du PSE en début de semaine prochaine.

La CGT Arcelormittal Dunkerque a annoncé ce vendredi qu'elle allait saisir prochainement la justice administrative pour s'opposer au plan social du groupe prévoyant 600 suppressions de postes en France, qui a été validé fin 2025. "Le plan social n'est pas justifié depuis le début. Les salariés veulent se battre pour le contester", a affirmé Gaëtan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque (Nord), lors d'une conférence de presse au CSE du site d'Arcelormittal à Mardyck, près de Dunkerque.

Un référé suspension et un recours en annulation du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) seront déposés "lundi ou mardi" au tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis), a précisé l'avocat de la CGT ArcelorMittal, Me Ralph Blindauer.

Une procédure entachée d'irrégularités pour la CGT

Le géant de la sidérurgie avait annoncé en avril dernier la suppression de 608 postes en France, soit 378 emplois, du fait de postes déjà vacants. Ce chiffre a été ramené à 224 emplois fin 2025, en raison de réorganisations et de reclassements anticipés. Le PSE a été validé fin novembre par les deux syndicats majoritaires au sein du groupe, la CFDT et la CFE-CGC, puis par l'État en décembre.

Cependant pour la CGT, la procédure d'information-consultation a été entachée d'irrégularités. Les comités sociaux et économiques (CSE) d'établissements "n'ont pas eu des informations suffisantes pour pouvoir rendre un avis en connaissance de cause", et l'évaluation des risques psychosociaux et physiques "n'a pas été faite correctement", selon Me Blindauer.

Les syndicats majoritaires et la direction ont aussi passé un accord de droit commun en plein milieu de la procédure du PSE, et "ça c'est illégal", a encore estimé l'avocat. Sollicité, Arcelormittal n'a pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat sur ces recours annoncés par la CGT. En parallèle, le syndicat continue d'espérer que la proposition de loi LFI de nationalisation d'Arcelormittal France aboutisse. Adopté en première lecture par l'Assemblée nationale fin novembre, ce texte doit être examiné le 25 février au Sénat, où ses chances de passer semblent minces.