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INFO BFM DICI. Mort d'Émile: de nouvelles expertises confiées à un laboratoire spécialisé dans l'analyse ADN

BFM DICI Valentin Doyen et Boris Kharlamoff
Émile, 2 ans et demi, a disparu après avoir échappé le 8 juillet 2023 à la vigilance de sa famille au Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Émile, 2 ans et demi, a disparu après avoir échappé le 8 juillet 2023 à la vigilance de sa famille au Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence. - Famille d'Émile

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INFO BFM DICI. C'est ce laboratoire, dirigé par le professeur Christian Doutremepuich, qui a isolé la trace d'au moins un ADN étranger à celui de la famille lors de l'analyse des ossements et vêtements du petit garçon.

Le Laboratoire d'Hématologie Médico-légale (LHML) de Bordeaux vient d'être saisi à nouveau pour mener des expertises dans le cadre de la mort du petit Émile, ont appris BFM DICI et BFMTV.

Selon les informations recueillies, le professeur Christian Doutremepuich, considéré comme "le pape" de l'ADN en France, travaille depuis plusieurs jours maintenant sur ces analyses. Lundi 20 janvier, elles n'étaient toujours pas terminées.

Contacté, le professeur ne souhaite faire aucun commentaire sur son travail en cours. Pas plus que le procureur d'Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, qui refuse de confirmer cette information.

Un ADN étranger à la famille

Une source proche de l'enquête indique à BFM DICI que "ces nouvelles expertises devraient se faire assez rapidement". Le travail fourni par Christian Doutremepuich ne sera donc pas aussi long que celui délivré par ses équipes l'été dernier.

En septembre 2024 et après plusieurs semaines de recherches sur les vêtements et ossements de l'enfant, le scientifique avait remis en main propre son rapport aux juges d'instruction d’Aix-en-Provence. Depuis, silence radio de la part des magistrates qui n'ont pas encore porté les résultats de ces travaux à la connaissance des parties civiles.

"On espère que les magistrats vont lever le voile sur le secret des résultats", souffle une source qui a eu accès à l'intégralité de ce rapport. Selon nos informations, au moins une trace ADN, étrangère à celles de la famille, a été décelée par le laboratoire lors de l'analyse. Cette information n'a jusqu’à présent jamais été confirmée par le pôle criminel d'Aix-en-Provence.

Est-ce sur ces premiers résultats que travaille de nouveau le professeur Doutremepuich? En partie, oui. "C’est normal qu'il récupère de nouvelles analyses à produire. Et ce n'est pas fini", commente une source qui suit ces investigations depuis le premier jour.

Pour autant, cela ne veut pas dire qu'un élément déterminant vient de faire son apparition dans le dossier afin d'expliquer la disparition puis la mort d’Émile au Vernet (Alpes-de-Haute-Provence).

"Rien ne change. S'il y avait des choses déterminantes, nous aurions des phases opérationnelles lourdes. Ce n'est pas le cas. Les enquêteurs sont toujours dans les vérifications, contre-vérifications, les survérifications. Il y a des hypothèses écartées et celles qui sont approfondies. Les gendarmes continuent d'enquêter et d'investiguer en sollicitant d'autres expertises, dont ce laboratoire, c'est normal", conclut cette même source.

La discrimination ADN effectuée sur les gendarmes

Dans ce dossier, où aucune preuve flagrante ne permet pour l'instant aux enquêteurs d'orienter leurs recherches, l'obtention d'au moins une trace ADN est un élément crucial. Qui peut aussi s'avérer inutile tant la volatilité de la matière ADN n'est plus à prouver.

Les vêtements et ossements ont été manipulés à plusieurs reprises par des enquêteurs ou des scientifiques. La probabilité d'avoir décelé un ADN de contamination est donc possible. 

"La discrimination ADN a été réalisée sur les gendarmes présents sur le site", confirme une source proche de l'enquête à BFMTV.

Il s'agit d'une procédure pour voir si un militaire aurait pu laisser son ADN lors de la manipulation des restes d'Émile. Personne à ce stade n'a souhaité révéler le résultat de ces tests.