ESSAI. Elle remet en jeu son titre de voiture la plus vendue en France: que vaut cette nouvelle Clio que Renault lance à partir de 19.990 euros?

C’est le duel franco-français désormais classique: la Peugeot 208 (et ses prédécesseurs) face à la Renault Clio, avec une première génération qui remonte à 1990. Deux voitures qui se disputent depuis de nombreuses années le titre de voiture neuve la plus vendue en France, mais aussi en Europe.
Sur le papier, la 208 de deuxième génération part avec un certain avantage en proposant en alternative au thermique une version 100% électrique. Ce n’est pas le cas de la Clio, qui reste 100% thermique, avec un passage remarqué à l’hybride et qui se partage donc le marché avec la R5, son équivalent sur le marché du zéro émission depuis son lancement en 2024.
Pourtant, la Clio "à elle seule" domine les ventes encore cette année: de janvier à octobre en France, on comptait plus de 82.000 immatriculations, 20.000 de moins pour la 208, même en prenant en compte les près de 10.000 ventes de sa version électrique. Sur ce terrain, elle est même largement distancée par la R5, avec plus de 26.000 ventes sur la même période.
Lancer une nouvelle Clio apparaît ainsi comme un pari risqué, au moment où la citadine polyvalente paraît coller aux attentes du marché. C’est pourtant dans ce contexte que Renault nous propose donc cette sixième génération.

Un design qui évolue nettement
Le passage de la Clio 4 à la Clio 5 marquait une certaine continuité dans le design, avec comme nuance l’important restylage de mi-carrière en 2023, faisant même passer cette Clio 5.2 comme une nouvelle génération. Renault aurait donc pu garder cette recette qui fonctionne bien pour cette sixième génération, mais a finalement choisi l’option inverse en apportant de nombreuses modifications.

On passera rapidement sur ce nouveau design, largement décrypté lors de sa présentation au dernier salon de Munich fin septembre. En résumé, des faces avant et arrière qui changent radicalement, mais une silhouette qui reste reconnaissable.

Plus grande de près de 7 centimètres par rapport à la Clio 5, cette nouvelle génération s’affiche à 4,12 mètres. De quoi conserver un bon volume de coffre pour la catégorie et gagner aussi en habitabilité pour ses passagers: cette Clio plus polyvalente que jamais doit aussi compenser la disparition de la Mégane thermique dans la gamme.
Un intérieur bien plus moderne
A l’intérieur, Renault remet la Clio au niveau de la R5 et de la R4. Le combiné d’écrans de 10 pouces chacun adopte la même architecture et on retrouve le système d’exploitation Google Automotive dès le deuxième niveau de finition, ainsi que les touches de raccourcis physiques pour gérer la climatisation ou encore le bouton "My Safety" à gauche du volant, qui permet de récupérer ses paramètres personnalisés et notamment ce qui concerne les alertes de survitesse ou de franchissement de ligne.

La Clio monte en gamme avec des lécheurs de vitres désormais masqués dans les portières, une ambiance lumineuse personnalisable et même des touches d’Alcantara sur notre version d’essai dans la finition haut de gamme "Esprit Alpine" et un effet "titane spectral" (technique innovante de chrome en dégradé de couleurs) autour des aérateurs.

Autre point important, la caméra de recul présente une définition enfin correcte, ce qui n’était pas le cas sur les derniers modèles Renault. Elle peut même être complétée par une caméra à l’avant qui, avec celles situées sous les rétroviseurs, permet d’offrir une inédite vision 360 ou vue du dessus. La caméra de recul n’est en outre plus située au centre du logo, mais juste au-dessus de la plaque d’immatriculation, ce qui laisse espérer qu’elle sera plus compliquée à voler que sur les dernières Clio, mais aussi le Captur, objets de larcins en série.
L’hybride 160 à l’essai
Sous le capot, Renault opère aussi de profonds changements avec la fin de l’offre Diesel. L’hybride, qui représente plus d’une vente sur trois cette année sur Clio 5, progresse en passant de 145 à 160 chevaux le tout avec une consommation qui serait réduite. Sur la route, cette version se montre en effet toujours agréable, avec des phases de conduite 100% électrique qui renforcent le silence à bord et donc le confort. Renault a également amélioré l’insonorisation, avec donc moins de contrastes sur les phases où le moteur thermique se déclenche pour actionner les roues ou recharger la petite batterie dédiée. Un accumulateur qui passe d’ailleurs de 1,2 à 1,4 kWh afin de maximiser le roulage électrique et diminuer la consommation de carburant.

Lors de notre essai, nous avons roulé près de 190 km sur un parcours mixte composé de villes, petites routes et voies rapides, avec un bilan honorable à 5,1 litres aux 100 km, le tout avec 100 km roulés en électrique. Difficile de percevoir le gain de puissance sur cette Clio qui reste dynamique sans être sportive. Le 0 à 100 km/h est ainsi réalisé en 8,3 secondes, loin des 6,7 secondes de l’ancienne Clio RS.

Parmi les nouveautés pour réduire la consommation, Renault introduit un nouveau mode de conduite, le mode "Smart" qui remplace le mode perso. Selon le comportement du conducteur et les conditions de circulation, cette fonction arbitre elle-même entre les différents modes de conduite pour mieux répondre aux attentes. Elle privilégie ainsi le mode éco, mais peut passer en "confort" sur une chaussée dégradée ou en "Sport" en cas d’appui franc sur la pédale de droite.
Quels tarifs?
Cette nouvelle Clio démarre à 19.990 euros avec le moteur essence TCe 115 associé à une boite manuelle. De série, on dispose de deux fonctions intéressantes: le régulateur de vitesse adaptatif et le parking automatique (ou "autohold"), plutôt bien vu.
L’hybride constitue l’offre la plus onéreuse mais reste clairement la plus aboutie: elle démarre à 24.600 euros et il faut compter au moins 29.300 euros en finition "Esprit Alpine". Notre modèle d'essai dépasse ainsi largement les 30.000 euros avec options: le rouge absolu à 850 euros, le système son Harman Kardon à 650 euros, le pack hiver (sièges et volant chauffants) à 400 euros, le pack parking (caméra 360) à 600 euros. Avec une telle addition, dommage de facturer en supplément les tapis de sol Esprit Alpine à 111 euros.
Pour compenser l’absence de Diesel, une alternative bicarburation essence gpl Eco-G 120 EDC sera proposée au printemps prochain, à un prux proche de l’offre TCe 115 avec la boite automatique EDC proposée à partir de 21.400 euros sur cette Clio 6.
Face à une R5 électrique et "made in France", la Clio assemblée à Bursa, en Turquie, se positionne aussi comme son alternative thermique avec encore beaucoup de potentiel sur la version hybride qui représente désormais plus d'une vente sur trois.
Avec de tels atouts et des premières livraisons attendues pour début 2026, la Clio 6 pourrait maintenir son avance sur la Peugot 208, dont le lancement de la prochaine génération n’est attendu que pour 2027. Un premier concept Polygon a dévoilé ce que cela pourrait donner du côté de la marque au lion avec une approche pour le moment encore très futuriste.











