Les règlements européens ont permis au navigateur Opera de multiplier son nombre d’utilisateurs français par cinq, même si la domination d’Apple et Google paraît inébranlée

Avec moins de 2% de part de marché en France et 2,5% à l'international, on ne peut pas dire qu'Opera soit le plus connu des navigateurs web. Il est d'ailleurs devancé par d'autres comme celui de Samsung (intégré aux smartphones de la marque), ainsi que par Firefox.
Mais l'arrivée du DMA, le règlement européen sur les marchés numériques, a visiblement fait grand bien à l'entreprise basée en Norvège.
Une hausse en trompe l'oeil
Entre octobre 2024 et octobre 2025, le nombre d'utilisateurs actifs quotidiennement a grimpé de 88% sur iPhone et iPad sur le marché européen. Tandis que dans certains marchés porteurs, comme la France, le nombre d'utilisateurs d'Opera a été multiplié par cinq depuis l'introduction du DMA. Alors certes, Opera ne donne aucun chiffre, il faudra donc la croire sur parole, et le nombre de départ est faible, mais cela permet néanmoins de constater que le choix donné aux utilisateurs d'iOS, le système d'exploitation mobile d'Apple, en matière de navigateur par défaut, a visiblement permis quelques petites victoires. Autrement dit, le DMA a atteint un de ses objectifs, donner le choix et les utilisateurs s'en sont saisis.

Ailleurs dans le monde, si le choix européen n'est pas disponible, iOS a néanmoins eu droit à des changements importants, dont les applications par défaut - on peut donc faire en sorte de ne plus jamais utiliser Safari ou Mail, ou Téléphone, en privilégiant la concurrence.
L'histoire d'Opera n'est pas unique en son genre. Quelques semaines après l'entrée en vigueur du DMA, en mars 2024, d'autres acteurs s'étaient satisfait de cette ouverture, dont Firefox, qui avait vu une hausse de 30% de ses utilisateurs en France, et même 50% en Allemagne.
Une route encore longue et parsemée d'embûches
Reste toutefois la réalité. Selon les données de Similarweb, les choses n'ont pas non plus beaucoup bougé. En octobre 2025 et sur mobile, Opera pointait à 0,42% de part de marché en France, contre 1,06% pour Firefox, loin derrière Safari (34,1%) et Chrome (56,37%).
Néanmoins, selon qu'on est pour ou contre le DMA, on pourra voir ces chiffres positivement ou négativement. Le changement lent prouve-t-il qu'il était inutile de changer les règles ou montre-t-il au contraire à quel point les restrictions imposées par les géants de la tech pèsent encore et que les nouvelles habitudes prendront du temps à émerger?
Seul le temps le dira, même si Apple est vent debout contre ces mesures. A l'occasion de la publication d'une étude d'Analysis Group, financée par Apple, la société californienne déclarait: "Le DMA n'a pas tenu ses promesses, offrant une sécurité et une protection de la vie privée moindre, ainsi qu'une expérience client dégradée à travers l'Europe."
L'entreprise américaine, qui a toujours été contre le fait d'ouvrir les portes de son iPhone et de son iPad, a été contrainte par l'Union européenne a manger son chapeau en acceptant la présence d'App stores concurrents, et donc de nouveaux panneaux pour choisir son navigateur et son moteur de recherche par défaut. Apple parle également "d'obstacles exposant les consommateurs à de nouveaux risques", même si aucun élément ne permet de l'affirmer à ce stade.