États-Unis: des pirates informatiques divulguent les informations personnelles de centaines de responsables de la Sécurité intérieure, du FBI et du DOJ
Des manifestations contre les mesures d'immigration à Los Angeles. - AFP
"Guerre ouverte". Alors que plus de sept millions de personnes ont battu le pavé ce week-end à travers les États-Unis, pour dénoncer les “dérives autoritaires” du président américain Donald Trump, la contestation contre sa politique se poursuit également en ligne.
L’agence de l’immigration et des douanes, au cœur des polémiques après des arrestations brutales, des expulsions massives et une nouvelle politique de surveillance des réseaux sociaux, est particulièrement visée.
C’est dans ce contexte qu’un groupe de pirates informatiques issu du “Com”, une communauté informelle à l’origine de certaines des plus importantes violations de données de ces dernières années, a divulgué les noms et les informations personnelles de centaines de fonctionnaires, dont des employés du Département de la Sécurité intérieure (DHS) et de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Des données personnelles de centaines de fonctionnaires américains
Le média 404 a analysé plusieurs fichiers publiés sur le canal Telegram d’un groupe de hackers se réclamant du “Com”. Ces documents contenaient les données personnelles présumées de centaines de fonctionnaires américains : 680 du DHS, plus de 170 adresses e-mail du FBI et 190 agents du ministère de la Justice.
Certaines informations, vérifiées par la société de cybersécurité District 4 Labs, correspondaient bien à de véritables employés du gouvernement, parfois jusqu’à leurs adresses résidentielles. Dans un message provocateur, un pirate a même écrit: “Cartels mexicains, contactez-moi! On diffuse tous les documents confidentiels. Où est mon million?”
Le message faisait référence à une affirmation du Département de la Sécurité intérieure selon laquelle des cartels mexicains auraient commencé à offrir des milliers de dollars pour la divulgation d'informations confidentielles. Le gouvernement américain n'a fourni aucune preuve de cette affirmation.
Cette fuite intervient alors que le DHS évoque une hausse de "plus de 1.000 % des agressions et menaces visant ses agents" depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Des chiffres critiqués par certains experts. Mais les autorités américaines ont depuis renforcé la surveillance des plateformes accusées de diffuser des informations sur les agents de l’ICE et du DHS, conduisant à la suppression d’applications comme "Eyes Up" ou "Ice Block" par Apple.