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Hugo Décrypte, Nasdas, AD Laurent… La liste des influenceurs auditionnés par la commission Tiktok dévoilée

BFM Business Salomé Ferraris
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Au total, huit influenceurs vont être auditionnés à l’Assemblée nationale entre le 3 et le 10 juin par la commission d’enquête sur les effets psychologiques de Tiktok sur les jeunes.

Le 10 juin prochain, l'Assemblée nationale va accueillir des invités un peu particuliers, plus habitués aux paillettes ou aux soirées à Dubaï qu'aux salles solennelles de l'institution.

"On arrive à un moment important”, annonce ce mercredi Arthur Delaporte, président de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de Tiktok sur les enfants et les adolescents. "Nous allons auditionner les influenceurs, et dans un second temps Tiktok."

En effet, depuis deux mois, les trente députés de la commission étudient l'algorithme de la plateforme et ses répercussions sur les jeunes. Pour cela, les auditions se sont enchaînées à un rythme effréné.

Huit influenceurs auditionnés

Plus de 80 personnes ont déjà été entendues. Et, après avoir interrogé des économistes, des psychologues ou encore plusieurs victimes, c'est désormais au tour des créateurs de contenus, et des représentants de Tiktok. Au total, huit influenceurs vont être auditionnés par la commission.

C’est le cas de l'influenceur controversé AD Laurent, le couple issu de la téléréalité Julien et Manon Tanti ainsi que la star de Snapchat Nasdas. Un quatrième nom pourrait se rajouter à la liste.

Et ces vidéastes n’ont pas été choisis au hasard. "On a eu deux principes. Prendre en compte les résultats de la consultation citoyenne et nos échanges avec les différents acteurs", précise le député PS du Calvados. En effet, en mars dernier, une grande consultation citoyenne, ouverte jusqu’au samedi 31 mai à minuit, a été lancée. Plus de 32.000 personnes, dont une majorité de lycéens, se sont pris au jeu.

"On a proposé aux participants du questionnaire de nous suggérer des noms d’influenceurs qui leur paraissent problématiques", rappelle le président de la commission. Et le quatuor est arrivé en tête des réponses les plus citées.

"Cette commission n’est pas un tribunal"

Ils seront également rejoints par quatre créateurs plus "vertueux". "Pour éviter tout manichéisme, nous avons souhaité auditionner des influenceurs avec une vision plus critique et positive de l’usage des réseaux sociaux", ajoute Arthur Delaporte.

Hugo Décrypte, "sans doute l’une des premières sources d’information des jeunes", César Culture G, spécialiste des quizz et qui s'intéresse à la question de l’accès à la culture dans les milieux défavorisés, Monsieur le Chat, vulgarisateur scientifique sur Tiktok et Instagram et Grande bavardeuse, plus axée sur les contenus d’actualité et politique viennent ainsi compléter la liste. Ils seront entendus le 3 juin prochain.

Mais Arthur Delaporte insiste: “Cette commission n’est pas un tribunal.”

“On ne se substitue pas à la justice. Si certains ont eu des comportements problématiques, il ne s’agit pas de faire de cette audition un tribunal populaire”, complète-t-il.

Les députés souhaitent plutôt comprendre les mécanismes qui les conduisent à produire du contenu, les logiques de rémunération et comment ils envisagent les effets de leurs publications sur les mineurs.

De leur côté, les représentants de Tiktok et des salariés chargés de la modération seront auditionnés le 12 juin prochain. Un déplacement à Bruxelles est également prévu le 4 juin pour “soulever le capot du droit de l’Union européenne et des chantiers en cours”.

Un manque de contrôle parental?

Les objectifs de cette commission sont multiples: comprendre comment fonctionne l'algorithme, sensibiliser les parents au sujet et voir dans quelles mesure l'application et les influenceurs sont conscients des impacts que leurs actions peuvent avoir sur leurs communautés. Dernière mission, et pas des moindres: proposer des pistes de régulation pour pouvoir avancer et protéger les plus jeunes.

De premières conclusions ont pu être tirées, notamment grâce à la consultation citoyenne. "Il y a beaucoup d’enseignements à retenir, notamment sur la question du contrôle parental", observe Laure Miller, rapporteure de la commission.

“Le contrôle parental est assez faible. Les jeunes ont aussi le sentiment que Tiktok n’est pas un réseau fiable.” Sur la question de l’interdiction des réseaux sociaux avant un certain âge, “on voit également qu'il y a un souhait de la part des jeunes de pouvoir poser une limite", liste- t-elle.

Les conclusions définitives de la commission seront présentées au plus tard le 12 septembre prochain.