Seuls 10% des vélos volés sont retrouvés: modèles de traqueurs, marquage de l'appareil, assurance... Voici les précautions à prendre pour maximiser ses chances

Vous allez faire vos courses pour revenir trente minutes plus tard et constater que votre vélo pourtant cadenacé à un arceau n'est plus là. Ce type de vol arrive fréquemment et s'avère d'ailleurs en constante progression d'année en année, comme le confirment les données de l'assureur Bicytrust, qui chiffre à plus de 420.000 le nombre de vélos volés en 2024 (+8% par rapport à 2023).
Une recrudescence qui n'est toutefois pas synonyme de perte totale. Il existe des solutions simples pour récupérer son bien, et les forces de l'ordre les privilégient.
Le traqueur connecté, une solution prise au sérieux
Lors de notre malencontreuse expérience, où l'auteur de ces lignes a constaté un vol de son vélo à assistance électrique connecté, un Airtag avait été caché pour suivre sa position en temps réel. Quelques minutes à peine après le vol, un signalement à la gendarmerie a permis de rapidement envoyer une équipe de la brigade anti-criminalité qui a pu se rendre sur le dernier lieu connu du traçeur et retrouver le vélo et l'auteur présumé de l'infraction.
Cette mésaventure se termine bien, et c'est loin d'être un cas à part. Lorsqu'un vélo est équipé de ce type d'objet connecté, il est bien plus facile pour les autorités d'agir, d'autant plus quand le vol est très récent. S'il se trouve encore dans la rue, votre vélo peut être récupéré. Selon les données du ministère de l'Intérieur, un traqueur offre en moyenne 50% plus de chances de retrouver son vélo.
Les solutions pour "cacher" le traqueur sont multiples: dans la sonnette, sous la selle, caché dans un phare ou au sein d'un garde-boue, ces petits objets peuvent se révéler bien utiles en plus d'être très discrets.
Quel traqueur faut-il prendre?
Si vous disposez d'un iPhone, la solution la plus idéale reste sans conteste un Airtag fabriqué par Apple. Ce petit objet rond peut ainsi se loger bien plus discrètement que certains de ses concurrents et des accessoires existent pour les "cacher" davantage. L'avantage, c'est qu'ils peuvent déterminer la position du bien ou de l'objet avec une marge d'erreur de quelques mètres. Pour se positionner, il utilise le réseau Localiser des iPhone qui passeront à proximité. Si vous avez un iPhone 11 ou supérieur, vous pourrez en outre utiliser la puce U1 embarquée dans un Airtag pour connaître la position au mètre près.

Il dispose d'une autonomie d'un peu plus d'un an et demi et la pile se change très facilement. Un mode "Perdu" est également activable pour que celui-ci sonne et soit scanné par un utilisateur qui pourra alors voir votre numéro de téléphone et vous contacter le cas échéant.
Si vous êtes sur Android, la solution officielle de Samsung pour les smartphones de la marque, les SmartTags, s'avère tout aussi efficace, bien qu'elle ne dispose pas d'un design discret. Mais des accessoires existent également pour les loger où vous le souhaitez sur votre vélo (ou votre trotinette). D'autres marques existent (et sont aussi compatibles iOS), comme les Finetrack de Ugreen, qui ont une autonomie de 2 ans, ainsi que les One Spot de Chipolo, qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux Airtag.
Tile dispose aussi de son propre accessoire, le Mate, et s'appuie sur un réseau de plusieurs millions d'appareils, comme Apple. Invoxia propose de son côté un traqueur intégré au phare arrière, mais son coût reste très élevé en plus de disposer d'un abonnement mensuel après trois ans d'utilisation. Il se connecte en 4G et nécessite donc du réseau.
Notez que certaines marques de vélos (comme Decathlon) intègrent de base un traqueur GPS, mais celui-ci peut reposer sur une solution propriétaire loin d'être idéale sur le long terme.
Bien "marquer" son vélo
Obligatoire depuis janvier 2021, le marquage d'un vélo neuf est un bon moyen de bien affirmer que vous en êtes le propriétaire légitime. Via des solutions comme Bicycode, vous disposez d'un petit numéro d'identification et d'un QRCode, ainsi que d'un compte qui permet de recenser tous les détails techniques de votre appareil.
En cas de vol, vous pouvez le signaler sur votre compte, et le numéro attribué sera alors indiqué comme appartenant à un vélo qui vous a été subtilisé, en plus d'être ajouté au Fichier National Unique des Cycles Identifiés (FNUCI). Si l'étiquette peut être arrachée, vous pouvez aussi opter pour une gravure qui coûte une dizaine d'euros dans des magasins spécialisés.
Si votre vélo n'est pas retrouvé dans la foulée, cette solution peut s'avérer être utile dans le cas d'une saisie dans le futur: la police cherchera à savoir si le vélo d'un suspect est bien le sien, et le cas échéant, vous serez en mesure d'être contacté pour le récupérer. Selon Bicytrust, le marquage augmente "significativement" la possibilité qu'un vélo volé soit restitué: seuls 2% des vélos volés sans marquage le sont, contre plus de 90% pour les vélos ayant justement été marqués.
La nécessité d'une assurance, sauf si la batterie est volée
Pour les vélos les plus onéreux (notamment les vélos à assistance électrique, ou VAE), il est conseillé de contracter une assurance. Dans le cadre de votre assurance habitation, vous pouvez ajouter quelques euros par mois pour être certain d'être remboursé en cas de vol. Mais des assureurs spécialisés existent.
Notons cependant que plusieurs limitations peuvent intervenir. D'abord, le montant à ajouter dépend du prix du vélo. Ensuite, une franchise peut exister, même si elle est bien moins élevée que le prix du vélo à l'origine. Pensez d'ailleurs à conserver la facture de votre 2-roues. Enfin, notez que la quasi-totalité des assurances de VAE ne fonctionne que si vous avez encore votre batterie. Si elle se trouvait sur le vélo au moment du vol, vous ne serez que rarement dédommagé.
Gardez à l'esprit qu'un vélo électrique sans batterie sera toujours moins désirable pour un voleur, alors, même si elle est lourde, il faut l'emporter avec vous, y compris dans une zone à l'apparence "sûre".
Déposer plainte n'est pas une option
Autre recommandation: la nécessité de déposer une plainte, et si possible, peu de temps après le vol. Comme l'expérience vécue par Tech&Co l'a montré: vouloir déposer plainte vite, c'est pouvoir donner à la police un aperçu rapide de la situation et leur permettre d'intervenir le cas échéant.
Dans tous les cas, même si le vélo n'est pas assuré, une plainte reste nécessaire afin que les autorités puissent bénéficier du numéro d'identification et que ce dernier soit bien confirmé comme étant volé. Les associations estiment que les chiffres des vols sont par ailleurs loin de la réalité car les propriétaires ne déposent souvent pas plainte.