Mark Zuckerberg vient de dévoiler ses plans: la voie royale de Meta vers la "superintelligence artificielle" est pavée d’outils agentiques, de lunettes connectées et de bonnes intentions?

Meta devrait peut-être changer de nom pour refléter ses nouvelles ambitions. Connu pendant près de 20 ans sous le nom de Facebook, le groupe de Mark Zuckerberg s'est rebaptisé en octobre 2021 pour faire référence à son projet de métavers. Mais le milliardaire a désormais une nouvelle obsession: celle de l'intelligence artificielle.
Il l'a une nouvelle fois confirmé à l'occasion de la publication des résultats du quatrième trimestre 2025 de son entreprise. "Nous assistons actuellement à une accélération majeure de l'IA. Je pense que 2026 sera une année où cette vague s'intensifiera encore davantage sur plusieurs fronts (...) En 2025, nous avons reconstruit les fondements de notre programme d'IA. Au cours des prochains mois, nous allons commencer à déployer nos nouveaux modèles et produits", a déclaré Mark Zuckerberg lors d'un appel téléphonique avec les investisseurs.
"Nous repousserons sans cesse les limites de l'IA, tout au long de l'année, avec le lancement continu de nouveaux modèles", a-t-il assuré, s'attendant à ce que les premiers soient performants. Pour rappel, le dernier en date, Llama 4, s'est révélé être une déception. Lancé en avril dernier, il a été critiqué pour ses performances loin d'être convaincantes dans plusieurs domaines, dont l'écriture de code.
Des réseaux sociaux enrichis par l'IA
L'IA va aussi davantage s'immiscer sur les plateformes de Meta, la société cherchant actuellement à fusionner ses grands modèles de langage avec leurs systèmes de recommandation, ainsi que celui derrière les publicités. Systèmes que son patron considère comme "primitifs" comparé à ce qui sera possible avec l'IA.
"Aujourd'hui, nos systèmes aident les individus à rester en contact avec leurs amis, comprendre le monde, et trouver des contenus intéressants et divertissants. Mais nous serons bientôt capables de comprendre les objectifs personnels uniques de chacun et de personnaliser les flux pour montrer à chaque personne un contenu qui l'aide à améliorer sa vie comme elle le souhaite", a avancé Mark Zuckerberg.
Ces flux deviendront d'ailleurs plus interactifs selon lui. Concrètement, les réseaux sociaux de Meta ne feront pas que recommander du contenu aux utilisateurs via leurs algorithmes. Ils les accueilleront également avec une IA qui les comprend et qui sera en mesure de générer des contenus personnalisés.
"De nouveaux types de contenus seront aussi bientôt possibles (...) Nous avons commencé par le texte, puis nous sommes passés aux photos avec l'arrivée des téléphones équipés d'appareil photo, et à la vidéo lorsque les réseaux mobiles sont devenus suffisamment rapides. Nous verrons bientôt une explosion de nouveaux formats médiatiques plus immersifs et interactifs, et rendus possibles uniquement grâce aux progrès de l'IA", est convaincu le patron de Meta.
Côté publicités, l'IA se manifestera à travers des outils agentiques d'achat qui permettront aux utilisateurs de trouver exactement le produit spécifique qu'ils recherchent parmi les entreprises du catalogue de l'entreprise, a fait savoir le milliardaire. Ces expériences devraient être proposées directement dans les flux des réseaux sociaux de Meta, mais aussi dans la version Whatsapp destinée au entreprises, a-t-il ajouté sans entrer dans les détails.
"Superintelligence personnelle"
Ces futures nouveautés font partie d'un grand projet: développer ce que Mark Zuckerberg appelle la "superintelligence personnelle". Une vision qu'il avait déjà partagé l'année dernière, étant convaincu qu'il ne faut pas rater le coche de cette révolution qui relève encore de la science-fiction aujourd'hui. Pour lui, une IA plus intelligente que les humains n'est pas suffisante. Il faut aussi qu'elle soit personnelle, afin d'aider chaque individu à atteindre ses objectifs et même à devenir la personne qu'il souhaite être.
"Nous commençons à voir se concrétiser la promesse d'une IA capable de comprendre notre contexte personnel, y compris notre histoire, nos centres d'intérêt, nos contenus et nos relations", a affirmé le PDG de Meta.
"Ce qui rend les agents si précieux, c'est en grande partie le contexte unique qu'ils peuvent percevoir, et nous pensons que Meta sera en mesure d'offrir une expérience personnalisée unique", a-t-il ajouté.
Cette vision, elle sera incarnée par un produit particulier. Un produit que le milliardaire voit comme le futur remplaçant du smartphone. Ce sont les lunettes connectées. Il est persuadé qu'elles deviendront les principaux appareils informatiques utilisés par les humains, au point qu'il n'imagine pas un futur sans.
"Des milliards de personnes portent des lunettes ou des lentiles de contact pour corriger leur vue. Je pense que nous sommes à un moment similaire à celui où les smartphone sont arrivés (...) Il est difficile d'imaginer un monde dans quelques années où la plupart des lunettes que les gens portent ne seraient pas des lunettes IA", a déclaré Mark Zuckerberg.
Miser sur l'IA
Le miliardaire prévoit ainsi de continuer à investir massivement dans l'IA en 2026 afin d'atteindre son objectif. Cela passera d'ailleurs aussi par la division Reality Labs, dédiée à la réalité virtuelle, dont les pertes astronomiques se sont poursuivies l'année dernière. Elle a même perdu encore plus d'argent en 2025 (19,1 millions de dollars) qu'en 2024 (17,7 millions).
Malgré cela, le patron de Meta est persuadé que les pertes vont se réduire au fil du temps, alors que l'entreprise avance sur ses projets. Mais ce n'est pas le métavers qui sera la priorité de Reality Labs en 2026.
"Nous orientons la majeure partie de nos investissements vers les lunettes et les wearables, tout en nous concentrant sur le succès retentissant d'Horizon sur mobile et sur la rentabilité de l'écosystème VR dans les prochaines années", a-t-il précisé. Un pari probablement plus sûr pour l'entreprise comparé au gouffre financier qu'a été le métavers.